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	<title>Association pour le Développement de l&#039;Enseignement Bi/plurilingue &#187; plurilinguisme</title>
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		<title>Entretien avec Maryse Adam-Maillet</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Feb 2023 16:54:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[École]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Daniel Coste : <em>Maryse Adam-Maillet, vous avez quitté cette année vos fonctions d’Inspectrice académique, Inspectrice pédagogique régionale de Lettres dans <a href="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2023/02/20230224_124725.jpg"><img class="alignright  wp-image-2612" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2023/02/20230224_124725-651x1024.jpg" alt="20230224_124725" width="297" height="468" /></a>l’académie de Besançon. Vous êtes agrégée de Lettres modernes. Dans l’académie de Besançon vous avez été, jusqu’à votre départ à la retraite, responsable puis référente du Centre académique pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs (CASNAV). C’est surtout en cette dernière capacité que l’ADEB, dont vous êtes membre, vous connaît. Récemment, vous avez publié avec Virginie Kremp, aux éditions Migrilude, un petit ouvrage au titre qui interroge : </em>Le plurilinguisme en questions<em> et qui se présente sous forme d’un </em>abécédaire quizz<em>. Pourriez-vous d’abord nous présenter succinctement (nous y reviendrons ensuite) les grandes étapes de votre carrière et y marquer les éventuelles inflexions qu’a connues votre parcours professionnel.</em></p>
<p>Maryse Adam-Maillet : J’ai été bachelière le jour de mes 17 ans. Faute de projet professionnel &#8211; je n’étais réellement motivée que par les voyages ! &#8211; je me suis dirigée vers des études universitaires de lettres et de psychologie qui me permettraient de continuer à lire tranquillement ce que je voulais, et qui ne me coûteraient pas trop d’efforts en termes de travail personnel. J’étais à cette époque persuadée que mon parcours serait financé jusqu’à la thèse et une carrière universitaire, ce qui n’a pas été le cas. Les circonstances m’ont poussée à demander un poste de maitre auxiliaire à 22 ans, puis à passer, en travaillant comme professeure de français, un CAPES de lettres modernes, une licence d’Histoire, l’agrégation de lettres modernes, puis une licence de philosophie. Si j’ai finalement choisi les lettres modernes, c’est grâce à l’ouverture sur l’ensemble des sciences humaines et des arts à laquelle se prête magnifiquement la littérature. J’ai enseigné avec grand intérêt pendant 20 ans, à des publics très variés, de la sixième à l’université, et j’ai eu la chance immense de pouvoir enseigner, outre le français, la philosophie, le latin, la sociologie des religions, ainsi que de devenir formatrice et coordinatrice de la formation des enseignants de lettres. Après six ans en CPGE[1] scientifique (mon dernier poste d’enseignante), j’ai éprouvé le besoin d’un nouveau souffle et passé le concours de l’inspectorat de lettres.  C’est dans ce cadre qu’après sept ans d’exercice, la retraite d’un collègue m’a ouvert la responsabilité du CASNAV et la découverte enthousiaste des travaux des chercheurs sur les questions de migration, mobilité, minorisations et d’apprentissage ou d’appropriation des langues vivantes de scolarisation. Quelle qu’ait été ma fonction durant ma carrière, je dois dire aussi que j’ai globalement bénéficié de la confiance de mon institution, ce qui a m’a permis de toujours pouvoir expérimenter de nouvelles formes de travail.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Daniel Coste : <em>A considérer vos publications, on a l’impression qu’elles ont porté d’abord sur l’approche des textes littéraires, qu’il s’agisse d’auteurs tels Zola ou Camus, de courants comme le réalisme et le naturalisme ou d’un dramaturge contemporain comme Jean-Luc Lagarce. Dans quelle perspective avez-vous conçu ces travaux, destinés principalement à un public scolaire ? Et les choix des auteurs tiennent-ils aux fluctuations des programmes ou d’abord à un goût personnel ? </em></p>
<p>Maryse Adam-Maillet : Ces publications éparses (on pourrait ajouter Stendhal, Yourcenar, Sénèque, Platon, Vallès, Sartre…)  tiennent surtout à une ligne de conduite que je me suis fixée très jeune : répondre aux sollicitations plutôt que les devancer. C’est ainsi que je suis devenue inspectrice, parce qu’on me l’a suggéré&#8230; Sinon, je crois au dynamisme de la contrainte et j’ai toujours eu beaucoup de plaisir à avancer rapidement, avec une certaine naïveté (en clair sans lire toutes les critiques savantes), dans l’interprétation d’une œuvre, qui est finalement une sorte de médiation à l’usage des professeurs ou des étudiants. Donc, oui, pour répondre à votre question, des auteurs au programme des classes préparatoires, et aussi le fruit de discussions personnelles avec des chercheurs pour les quelques publications scientifiques. Mon disque dur, c’est la littérature.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Daniel Coste : <em>On ne devient pas responsable d’un CASNAV par hasard. La scolarisation des élèves allophones suppose un engagement, une formation complémentaire, une autre manière peut-être de penser le rapport au français et à la pluralité linguistique. Est-ce que ces intérêts vous sont venus – pardonnez-moi l’expression – « sur le tard » ou les aviez-vous toujours portés ? Votre engagement avait-il pris d’autres formes auparavant et votre rapport au français incluait-il, dès avant, un intérêt pour la pluralité linguistique ? L’écriture orale de Lagarce et la reformulation de l’élève cherchant la bonne expression, même combat ?</em></p>
<p>Maryse Adam-Maillet : Mais si, on devient responsable de CASNAV par hasard ! Les inspecteurs de discipline peuvent se voir chargés de beaucoup de missions transversales comme celle-là (J’ai aussi par exemple hérité du théâtre auquel je ne connaissais rien non plus au départ). Mais il est vrai que j’étais très motivée pour le CASNAV en 2008, d’ailleurs pour de mauvaises raisons, parce que j’avais la naïveté de croire que le « FLE » pourrait vivifier le « FLM ». Evidemment je ne dirai plus ça comme ça aujourd’hui. L’avantage, à l’époque, c’est que je « savais mon ignorance », tout en retrouvant peu à peu conceptualisés dans les textes des chercheurs les résultats de mes observations empiriques en classe et en établissement comme professeure, formatrice, inspectrice. Mon intérêt pour les questions de langue a été profondément enraciné dans l’enfance. Ma famille valorisait la littératie et discutait avec délice des variations régionales du français, et j’ai toujours été fascinée par le bi-plurilinguisme de certains de mes camarades. A dix ans, je rêvais d’apprendre l’arabe. Tout cela n’était pas très outillé, mais l’envie était là. A 14 ans, je suis entrée dans l’anglais, ma langue élective, grâce au choc de la littérature. (En l’occurrence <em>Lord of the flies</em>). Sinon, j’ai eu la chance d’avoir d’excellents professeurs de linguistique à l’université : Henri Bourcelot, auteur de l’atlas d’ethno-linguistique de la Champagne et qui nous a fait apprendre le Rousselot-Gilliéron avant l’API et, un peu plus tard, Joëlle Tamine dont la joyeuse liberté de penser la langue a été pour moi décisive. Je l’entends encore parler de Meschonnic ou de Mounin avec délice. Elle a mis fin, dans ma tête du moins, au clivage terrible littérature /langue, comme si la littérature n&rsquo;était pas l’expérience de la langue. Pour finir, oui il y a une dimension de combat qui me plait infiniment dans la langue (pas au sens de <em>polemos</em> mais d’<em>agôn</em>, à la manière du Grand Combat de Michaux).  J’ai eu également le privilège insigne d’un séminaire complet avec Nina Catach, qui, à 26 ans, m’a débarrassée définitivement de l’encombrant psychodrame orthographique. Le tout est à replacer dans le contexte de mes années de formation : comme beaucoup d’étudiants des années 70, j’ai une conception fondamentalement politique de la transmission du savoir et une conscience aiguë des questions de domination, héritée également de l’histoire familiale. J’appartiens à une génération fondamentalement politique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Daniel Coste : <em>S’agissant de l’école et de la situation des élèves allophones, vous êtes connue pour vos analyses vigoureuse et sans concession. On ne saurait vous accuser de parler une langue de bois. Est-ce que cela a toujours été ou votre liberté de parole a pu d’autant plus s’affirmer que le dispositif des CASNAV s’inscrit dans des zones sensibles du système éducatif, mais opère à la marge ?</em></p>
<p>Maryse Adam-Maillet : Plus qu’une langue forte, j’ai essayé de parler une langue juste, qui ne jette pas le voile sur les questions de pouvoir et d’inégalités et les progrès qui restent à faire, qui peuvent être faits de façon volontariste, sans attendre des impulsions venues du haut centralisé. Avec toujours plus ou moins l’idée que je parle pour ceux qui sont empêchés de prendre la parole, en tenant une position assez rare, au carrefour d’une connaissance empirique très profonde du système éducatif et de l’information du réel par la théorie. Avec la croyance aussi que la vérité est une opération de dévoilement dans la langue, par la langue, de la langue, et qu’elle n’est pas une chose mais un acte. La liberté de parole que vous évoquez n’a pas commencé avec le pilotage du CASNAV. Avant de parler des allophones arrivants ou des Voyageurs, je parlais déjà de tous ceux auxquels on refusait socialement l’accès à la littérature et à la philosophie. La liberté de parole a toujours été présente dans mon exercice professionnel, elle provient, je crois, outre de l’histoire politique de ma génération, de l’habitus de ma discipline d’origine. Il y a chez les littéraires, un goût vif de la critique, du débat, de la parole vigoureuse, de la recherche de l’expression juste, du montage rhétorique, etc. On se fait parfois une image excessivement compassée de l’institution scolaire. Or, ce qui surprend les observateurs qui viennent d’ailleurs ou d’un autre univers professionnel, c’est la liberté de parole dans l’école française. Les visiteurs nous l’ont souvent dit. La loyauté, le dévouement à la cause de l’éducation sont critiques ou ne sont pas. Comment espérer œuvrer à l’amélioration de l’école si l’on n’est pas lucide sur les marges de progrès ? Quant à opérer à la marge s’agissant des CASNAV, oui et non. Oui, car les structures voient d’exercer sur elles, par assimilation à leurs publics ultraminoritaires quantitativement, des forces d’éloignement des centres de décision ; non, parce que le travail d’un CASNAV met en lumière ce qui fonde la réussite scolaire pour chacun : les conditions d’un apprentissage-enseignement réussi du français comme langue de scolarisation. On peut aussi noter que la guerre en Ukraine a  sans doute changé la donne, en termes de conscience par les décideurs de l’utilité des CASNAV.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Daniel Coste : <em>A la marge, mais vous avez pu caractériser ces marges comme des « leviers systémiques ». Qu’entendez-vous par là ?</em></p>
<p>Maryse Adam-Maillet : Certes, les CASNAV travaillent avec des publics qui viennent de langues et de cultures souvent minorisées, mais la politique linguistique que peut mener un CASNAV est universaliste. Je suis fondamentalement restée inspectrice de lettres plutôt que responsable de CASNAV, en cultivant la vision la plus large possible de mon terrain professionnel. Je n’ai jamais été la <em>pasionaria</em> ou l’avocate des migrants ou des Voyageurs, ce qui m’intéressait en tant que cadre du système éducatif, c’est de travailler pour TOUS les élèves, et de mettre à disposition ce que le laboratoire du CASNAV permettait de modéliser, encore une fois, en termes de conditions de réussite scolaire, pour tous les enfants dont les langues ou variations de langues premières sont disqualifiées socialement. J’y inclus évidemment les parlers populaires du français. Cela étant dit, si l’on voit bien l’intérêt d’une formation de tous les enseignants aux questions d’apprentissage du français comme langue vivante, formation qui du reste existe très rarement, se pose aujourd’hui pour moi la question des changements d’échelle. Si je suis sûre empiriquement qu’on peut mener avec succès une politique linguistique de classe, d’école, d’établissement en faveur du plurilinguisme, de l’apprentissage du français de scolarisation, de la littératie et de la réussite scolaire universelle, le passage à une échelle macro n’a pas encore été pensé techniquement. Modéliser bottom up à échelle locale est une chose, projeter une politique nationale centrale pour tous les contextes dans une école qui reste globalement attachée à un modèle exclusif et monolingue en est une autre. Notre expérience, couplée à celle de l’académie de Grenoble, avait pu cependant largement contribuer à la rédaction de la circulaire ministérielle de 2012 sur les CASNAV.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Daniel Coste : <em>Grâce au dynamisme de l’équipe qui le compose et avec le concours recherché d’enseignants-chercheurs de l’université, le CASNAV de Besançon a acquis une notoriété certaine dans le domaine. Quelles leçons tirez-vous de cette réussite ?</em></p>
<p>Maryse Adam-Maillet : Nous avons bénéficié d’un concours de circonstances : la présence d’un CLA[2] connu dans le monde entier à Besançon, d’une université dynamique dans le domaine du FLE qui ont pu former des enseignants qualifiés, la longévité de l’équipe (plus de dix ans, c’est rare dans l’institution scolaire). Enfin, la liberté de mouvement que nous a laissée l’institution, sur un territoire, la Franche-Comté, qui est aussi historiquement un laboratoire social, nous a permis de beaucoup expérimenter et de commencer à essayer de modéliser les contextes et les modes d’apprentissages, grâce à la coopération avec la recherche.  Il est difficile de tirer des leçons au sens d’un cahier des charges qui pourrait servir de couteau suisse, sauf sur quelques principes d’action, car le travail n’a eu de sens que par rapport à un territoire régional singulier. Mais tout CASNAV est une structure fragile, dont la forme même est un hapax dans le système éducatif (ni service administratif, ni structure de gestion ni institut ni établissement…) à la merci des changements de personnes et des resserrements budgétaires. En éducation, les réussites ne sont jamais acquises ni installées, le mouvement pour faire vivre le pôle du CASNAV de Besançon ne doit pas s’arrêter, des voies nouvelles restent à expérimenter et sont déjà tracées, par exemple du côté de la langue des formations et disciplines professionnelles et de l’intelligence artificielle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Daniel Coste : <em>Dans nombre de vos interventions vous soulignez l’importance de la coopération. D’autres pourraient y voir un slogan trop usé, un vœu pieux toujours répété. Quelle définition et quelle extension donnez-vous à cette notion, et à partir de quelle pratique, de quelle expérience ?</em></p>
<p>Maryse Adam-Maillet : Oui, oui on peut entendre un côté boy scout dans cette histoire de coopération. En fait, j’emploie souvent le terme parce qu’il est dans la loi d’orientation sur l’école, qui institue la coopération comme mode ordinaire de travail pour les acteurs du système éducatif (et non la concurrence et non la discipline hiérarchique et non une superbe position libérale…). De mon point de vue, la question du pouvoir est centrale. On ne travaille pas avec des publics minorisés à grands coups d’organigrammes pyramidaux. Il faut de la fluidité, de l’horizontalité, de la chaleur et du respect dans les relations humaines. L’indispensable leadership n’a rien à voir avec la caporalisation ; j’ai beaucoup discuté avec les enseignants dits de terrain (je ne raffole pas de l’expression) et acquis la conviction qu’une expertise est collective, réseautée ou n’est pas. La complexité des situations scolaires des allophones ou des Voyageurs est telle que seul un collectif peut l’informer et la dynamiser. Je tiens les petits chefs en horreur. Le premier écueil pour un CASNAV, c’est la bureaucratisation, c’est de se transformer en une officine qui administre impersonnellement des positionnements ou des ressources sans que personne soit responsable du destin scolaire des élèves. On a besoin surtout d’une interaction constante et sécure entre personnes qui reconnaissent leurs compétences mutuelles et se font confiance… « CASNAV » est à mes yeux le nom d’un bien commun, d’un réseau réuni par strates autour de besoins, de recherches, de valeurs, de formations, de ressources, et ne devrait pas désigner seulement une poignée de permanents.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Daniel Coste : <em>Dans un très remarquable article de 2021 de </em><a href="https://journals.openedition.org/rdlc/9175">Recherches en didactique des langues et des cultures</a><em>intitulé « ‘Parlez votre langue !’ Injonctions plurilingues et violences symboliques faites aux élèves allophones », vous dénoncez certaines formes de la valorisation pédagogique des langues familiales des élèves. Faut-il, selon vous, sortir d’une vision enchantée du plurilinguisme et toujours le resituer dans des rapports de forces inégalitaires ? La reconnaissance de l’autre le rejette-t-elle aussi parfois dans une altérité enfermante ? Est-ce que cela relève aussi d’un « plurilinguisme en questions », pour reprendre le titre de votre </em>abécédaire quizz<em> ?</em></p>
<p>Maryse Adam-Maillet : Vous mettez là en évidence une articulation de mon parcours que je comprends seulement maintenant grâce à votre question. Tout à la joie de découvrir les travaux en didactiques plurilingues, j’ai connu une brève phase « horizon enchanté », en mode lune de miel théorique. La réalité des dynamiques inclusives dans ce champ de forces complexe qu’est l’éducation nationale y a vite mis fin. Il faut composer sans cesse, entre ce qui est et ce que l’on aimerait voir advenir. Une UPE2A[3] n’est pas un bocal à part ni un dispositif douillet. L’étayage est parfois aussi rude que la réalité à laquelle les élèves vont devoir s’adapter.  J’ai dû moi-même faire mon deuil d’un rêve où la seule présence maïeutique de l’élève plurilingue « magique » aurait amélioré la classe ou l’établissement et contribué à transformer en douceur les pratiques pédagogiques.  Je sais aujourd’hui que ce travail ne peut être que celui des adultes et qu’il va mettre en évidence des formes de violence dans les rapports sociaux. La dialectique se joue sur le fil entre une altérisation initiale (le besoin éducatif particulier) nécessaire pour déroger aux parcours ordinaires (ce que certains chercheurs réduisent parfois à une catégorisation ségrégative en faisant fi de l’aspect réglementaire des choses)  et la projection de la réussite future, qui, sans priver l’élève de sa singularité ni de sa capacité à se construire, doit le libérer au plus vite de représentations et catégorisations fixistes et essentialistes de la part de son entourage. Entre la négation de l’autre et son adoration ignorante, il devrait y avoir place pour une relation humaine fondée sur la reconnaissance de l’appartenance commune à l’humanité et sur la réciprocité des échanges et des transformations au cours des processus d’enseignement-apprentissage.  Je crois que l’on peut échapper au rapport de force à force d’expérience et de réflexivité prises en charge dans un collectif. En revanche l’asymétrie de la relation avec un public vulnérable ne peut pas ne pas être prise en considération. Même si cette relation est au départ asymétrique, (adulte VS, enfant d’ici VS d’ailleurs, détenteur de la langue majoritaire du savoir VS porteur de langue autre, non encore instruit) elle ne l’est que provisoirement, comme toute relation pédagogique et éducative. Ce qui m’a frappée, c’est parfois le retour du refoulé de la part des nouveaux convertis au plurilinguisme, qui n’ont pas encore eu le temps de développer une expérience interrogée et outillée par les discussions et la lecture. Face à un enfant ou adolescent issu d’une minorité, la condescendance revient vite. Je ne m’excepte nullement de ce mouvement, j’ai mis à peu près deux ans à régler la langue que j’utilisais pour parler avec justesse des publics scolaires entrant dans le champ d’action des CASNAV.  J’en reviens finalement au poison de la domination, qui, en l’absence de science et d’effort sur soi, infiltre autant les intentions qui se veulent bonnes que les manœuvres malveillantes d’exclusion.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Daniel Coste : <em>Vous avez, avec Aziz Jellab, publié </em>Pour un établissement scolaire équitable<em> (2017). Dans l’article de 2021 vous défendez une « éthique de la relation ». Quelle articulation établissez-vous entre ces deux visées ? et quelle place y ont les dimensions langagières ?  </em></p>
<p>Maryse Adam-Maillet : On ne peut pas penser l’équité en éducation sans faire surgir la question de la langue, qui est au cœur de tous les apprentissages comme elle est au cœur de la fabrication du sujet humain configuré par ses interactions avec autrui. Or, il se trouve qu’en France l’approche technique de la langue française en tant que langue vivante parmi d’autres langues vivantes n’existe pas en éducation. Les représentations du français restent morcelées ou impérieusement idéologiques, et, finalement, imperméables à un demi-siècle de travaux scientifiques, au point qu’on peut sérieusement interroger la schize entre la gouvernance centrale du système éducatif et la recherche en didactique des langues, français compris. Ce serait d’ailleurs en soi un objet de recherche qui n’a jamais été investigué. Un établissement équitable est un établissement où l’on reconnait pleinement l’autre en reconnaissant ses langues ou variations de langue (pour les francophones en L1), ce qui facilitera l’acquisition raisonnée et contrastive de la langue de scolarisation standardisée et normée. C’est aussi un lieu où le plurilinguisme est légitimé, valorisé et fait partie de l’éducation de tous, allophones autochtones, allophones arrivants ou enfants qui n’avaient à leur répertoire qu’une seule langue en arrivant à l’école avant leur apprentissage formel d’une autre LV. A mes yeux, ce n’est pas du tout une affaire de tolérance, rien à voir avec un discours culturaliste cache-misère, s’ouvrir à la diversité, s’enrichir de nos différences, etc. Reconnaitre l’autre comme un autre soi-même pour reprendre un titre de Ricoeur, voilà qui n’a rien à faire avec la morale au sens commun, c’est une opération éthique fondamentale, opération avant tout logique, qui instaure l’égalité théorique entre les sujets humains. Cela permet la capacitation, ouvre pour autrui le pouvoir d’agir sur son destin lorsqu’autrui est dans une situation asymétrique de vulnérabilité. Les philosophes (Ricoeur, Levinas, Kant) n’ont pas théorisé les dimensions langagières de ce processus de reconnaissance mutuelle et réciproque, mais on voit mal comment ils pourraient s’en abstraire, s’agissant d’une interaction subjective et incarnée. La langue est la peau psychique du sujet humain, à la fois intime et sociale :  comment pourrait-on le reconnaitre sans reconnaitre la langue ou les langues par quoi le monde a peu à peu pris sens pour lui ? Des centaines de fois, j’ai vu s’éclairer de l’intérieur, redevenir eux-mêmes, les enfants ou adolescents qui écoutaient ou produisaient des langues premières en contexte scolaire. C’est spectaculaire.  Encore une fois si la relation pédagogique doit être reconnue comme asymétrique pour devenir pleinement émancipatrice, il ne s’ensuit pas qu’elle soit vouée fatalement à la domination, à la manipulation, au rapport de force. Je dois cette expression d’« éthique de la relation » à Joëlle Aden, reformulant une intervention au colloque du Mans en 2019. Dans le cadre d’un CASNAV, la formule ne s’applique pas seulement à la relation pédagogique, mais aussi aux relations entre les divers acteurs professionnels du système, avec les parents d’élèves co-éducateurs, ainsi qu’aux relations collaboratives avec les chercheurs. Pour terminer, je voudrais souligner, parce que cela va à l’encontre des images pseudo-religieuses de mission qui circulent encore s’agissant de la prise en charge de publics vulnérables, qu’une relation éthique en éducation n’est pas une oblation masochiste ni une contention : c’est une source très positive et gratifiante. Laisser jouer les langues dans l’enseignement-apprentissage, raisonner sur le français comme sur les autres langues du répertoire des élèves et des enseignants, permet à tous d’accéder au bonheur d’apprendre efficacement dans les différentes disciplines. Bref, nous avons besoin de joie en éducation comme ailleurs, et le plurilinguisme, l’amour des langues, sont des voies royales de ce point de vue.</p>
<p>Daniel Coste : <em>Merci !!!</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Entretien réalisé par Daniel Coste</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>[1] Classe préparatoire aux Grandes Écoles.</p>
<p>[2] Centre de Linguistique Appliquée.</p>
<p>[3] Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants.</p>
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		<title>Entretien avec Jean-Claude Beacco</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Sep 2022 19:52:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[éducation plurilingue et interculturelle]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Daniel Coste - Jean-Claude Beacco, vous êtes professeur émérite en sciences du langage et didactique des langues de l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 et ce n’est pas vous faire injure ni préjuger de l’avenir que de dire que vous avez une longue carrière derrière vous. Plus sans doute que personne dans le domaine du français [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Daniel Coste <a href="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2022/09/JC-Beacco-20221.jpg"><img class="alignright wp-image-2520" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2022/09/JC-Beacco-20221.jpg" alt="JC Beacco 2022" width="340" height="340" /></a><em>- Jean-Claude Beacco, vous êtes professeur émérite en sciences du langage et didactique des langues de l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 et ce n’est pas vous faire injure ni préjuger de l’avenir que de dire que vous avez une longue carrière derrière vous. Plus sans doute que personne dans le domaine du français langue étrangère, de la didactique de langues et des politiques linguistiques, vous avez tour à tour coché bien des cases des « métiers du FLE » et des positions que l’on peut occuper dans ce vaste domaine. Votre biographie professionnelle est accessible <a href="https://in2p3.academia.edu/JeanClaudeBeacco">en ligne</a></em><em> et illustre ce parcours en France, à l’étranger, auprès d’organisations internationales. Elle montre différentes facettes académiques et pédagogiques de l’enseignant-chercheur et de l’impulseur de projets que vous avez été et êtes encore aujourd’hui. Nous n’allons pas vous demander de revenir, serait-ce brièvement, sur ce parcours exceptionnel à plus d’un titre mais, pour première question, celle-ci : pouvez-vous nous en marquer les inflexions majeures si elles existent. En d’autres termes, continuité tranquille ou points de réorientation, bifurcations, moments-clés, choix décisifs, rencontres déterminantes ? </em></p>
<p>Jean-Claude Beacco &#8211; Ma trajectoire n’a pas été rectiligne, alors que c’est désormais souvent le cas pour les collègues qui sont entrés en FLE après son institution en discipline universitaire. J’ai d’abord simplement côtoyé la didactique du français enseigné aux allophones à l’étranger, où j’étais en poste (École normale de Monastir, Institut Lenguas Vivas et Université de Buenos Aires). Mon parcours FLE commence avec le « stage long » du Crédif, suivi (paradoxe ?) de mon entrée au BELC, recruté par Francis Debyser qui croyait vaguement que j’avais participé au <em>Niveau Seuil</em>. J’ai découvert le champ, alors en construction, et j’en suis devenu officiellement expert, sans antécédents particuliers ni diplôme spécifique. Ce qui est impensable désormais !</p>
<p>J’ai, durant cette première période, exploré la linguistique, discipline non enseignée durant mes études universitaires, mais que ma maîtrise philologie homérique (sous la tutelle de Pierre Chantraine, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles lettres) et ma préparation à l’agrégation de grammaire m’avaient fait entrevoir. C’est le Benveniste de<em> Noms d’agents et noms d’action en indo-européen</em> (1948) qui m’a amené à ses <em>Problèmes de linguistique générale</em> (1966). L’exercice de l’explication de texte en vigueur dans les classes préparatoires littéraires m’a probablement donné le goût de ce qui allait devenir l’analyse du discours. Dès la période BELC, j’y ai consacré l’essentiel de mes recherches linguistiques et, ensuite, dans le cadre du CEDISCOR, animé par Sophie Moirand à Paris III. J’ai fini par m’en détourner pour des raisons théoriques, au début des années 2000. Mais je continue à considérer que c’est une discipline essentielle à la formation des enseignants de FLE.</p>
<p>Rupture ensuite, car j’ai quitté le BELC pour un poste à Rome dans le réseau des Affaires étrangères, au Bureau linguistique, dont je suis devenu directeur. J’ai continué à publier et y ai rédigé ma thèse. Mais mon activité professionnelle principale a été de diriger des séminaires de formation continue dans toute l’Italie. De nombreuses missions effectuées dans le cadre du BELC (Vietnam, Inde, Cuba…) m’avaient déjà donné le goût du contexte, comme espace de mise en œuvre et de création. J’ai pu continuer à découvrir dans ces stages les mille questions que peut susciter l’enseignement du français langue étrangère <em>hic et nunc </em>et dont la réflexion didactique ne fournit, comme c’est son rôle, que des principes à contextualiser. Je n’ai cessé dès lors d’accepter des missions et des invitations (à l’Université du Pacifique, de Kyoto et de Shanghai) et, en ces dix années d’éméritat, avec des projets au Liban, en Italie, en Ouzbékistan… Et, toujours, la production de manuels, autre contexte et, à mes yeux, pierre de touche de la discipline. Dernier en date, une grammaire contrastive élaborée avec l’Université des langues de Pékin (BFSU).</p>
<p>A mon retour en France après Rome, il ne me restait, si j’ose dire, qu’une voie professionnelle praticable : l’université, où le FLE s’était, entre temps, installé. A l’université du Maine au Mans, j’ai crée de toutes pièces une filière FLE (de la mention de licence au DESS) mais en y organisant aussi des stages de formation permanente. La trajectoire est devenue plus linéaire avec ma nomination à Paris III.</p>
<p>Décisive ma rencontre, à partir de 1998 (et jusqu’à aujourd’hui), avec la Division des politiques linguistiques du Conseil de l’Europe, pour ce que j’y ai appris avec Joseph Sheils, son responsable, Michael Byram, Daniel Coste, Claude Truchot, Eike Thürmann, Waldemar Martynuik, Lorenzo Rocca et bien d’autres collègues des universités d’Europe.</p>
<p>Globalement, une carrière en détours, non exclusivement universitaire, faite de la découverte de multiples contextes à des niveaux très différents (des enseignants aux sphères de décision) et de rencontres non avec des idées mais des personnes qui en avaient. Un type de parcours désormais atypique.</p>
<p><!--StartFragment-->Daniel Coste<!--EndFragment--> &#8211; <em>Fils d’immigré venu du Frioul, vos racines familiales sont d’un lieu, d’une lignée et d’une langue autre que le français. Dans une publication récente, vous rappelez que votre père parlait un français sans accent et qu’à la maison le frioulan était évité (mais les vacances vous le faisaient pratiquer). Vos études initiales vous ont mené à l’agrégation de grammaire, fréquentant et appréciant les langues « classiques ». Considérez-vous, rétrospectivement, que ces expériences ont tant soit peu affecté votre approche du français langue étrangère, de la norme, de la grammaire ?  </em></p>
<p><!--StartFragment-->Jean-Claude Beacco -<!--EndFragment--> J’ai effectivement compris, après coup, que j’avais grandi en milieu plurilingue comme bien des enfants issus de la migration. Mais cela, bien après mon entrée en didactique. Très probablement, la diversité des langues apprises et pratiquées (anglais, espagnol, italien), une certaine sensibilité aux langues minoritaires (frioulan), mon intérêt pour le français parlé (avec les travaux du GARS animé par Claire Blanche-Benveniste), pour les « gallicismes » ou, mieux, les phrasèmes d’Igor Mel’chuk et, surtout, pour la variabilité des discours selon les communautés de communication, perspective fondatrice que nous devons à Dell Hymes, tout cela a contribué à une vision plurielle des standards sociolinguistiques dominants. Ce qui fait que je me suis trouvé de plain pied avec le projet d’éducation plurilingue quand je l’ai rencontré.</p>
<p>Mon intérêt pour la grammaire a certes des racines universitaires. Mais il est surtout attribuable à la configuration récente de la didactique du français enseigné aux allophones. Celle-ci s’est désengagée de sa dépendance des sciences du langage qui en limitait le champ. Mais il me semble que cette dynamique est allée trop loin : ces sujets ne sont pas secondaires pour la classe et ils sont délaissés ou peu investigués (par ex., quelle est la contribution des activités métalinguistiques à l’éducation plurilingue ?). D’ailleurs bien des thèses portant sur le FLE ne comportent plus aucun volet linguistique (en particulier sous la forme d’analyse de discours). Tout ceci fait que la didactique du FLE tend à devenir, sans état d’âme épistémologique, une nouvelle province des sciences de l’éducation. Cela mériterait réflexion collective.</p>
<p>C’est donc un peu à contre-courant que je m’intéresse à ces problèmes, à partir de quelques hypothèses. La didactique me semble avoir fait le tour de la question avec la mise en évidence, depuis les exercices de conceptualisation d’Henri Besse, du rôle de la réflexivité dans ces activités. Mes interrogations portent sur les contenus à enseigner, auxquelles les grammaires notionnelles ne sont pas parvenues à apporter une réponse compatible avec les cultures grammaticales des enseignants. D’où la concrétisation de ces préoccupations, depuis une dizaine d’années, avec le réseau <a href="https://grec.methodal.net/"><em>Grammaires et contextualisations</em> </a>(GreC) et sa grammaire en ligne. Un accent particulier y est mis sur les activités comparatives / contrastives des enseignants. J’ai cherché à légitimer celles-ci avec des publications universitaires et les congrès annuels de GreC, ainsi qu’en produisant, avec Marcella di Giura Beacco et des collègues de chaque contexte, plus d’une demi-douzaine de grammaires contrastives (allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, grec, italien, portugais). Je reconnais volontiers que ce n’est pas très tendance, mais bien des enseignements de FLE font largement appel à des activités grammaticales (par ex. en Chine, en Grèce, en Russie). Car, selon la formule, l’on n’a toujours pas inventé la méthode qui empêche d’apprendre.</p>
<p><!--StartFragment-->Daniel Coste<!--EndFragment--> &#8211; <em>Expert auprès du Conseil de l’Europe et conseiller de la Division des politiques linguistiques, vous vous êtes fortement investi dans les questions touchant à l’accompagnement et à l’intégration linguistique des migrants adultes et vous êtes, par ailleurs, à l’origine d’une déclinaison des niveaux du CECR, le A1.1, comme première étape certifiante intéressant directement cette population. Il s’agit donc surtout d’une perspective d’insertion sociale et professionnelle des adultes. Vous semblez vous être moins avancé dans le secteur de la scolarisation des enfants allophones. Hasard ou option personnelle ?</em></p>
<p><!--StartFragment-->Jean-Claude Beacco -<!--EndFragment--> En fait, c’est un choix, fait en fonction de l’état de l’art et d’urgences. De très nombreuses initiatives ont été prises, surtout en Europe occidentale, pour organiser l’accueil linguistique des enfants allophones nouveaux arrivants dans les systèmes éducatifs. Et bien des collègues se sont investis dans ces recherches, dans le cadre de l’éducation plurilingue et de l’accès aux discours des matières scolaires (le « discours académique »). Je pense, en particulier, aux travaux de David Little, Hans-Jürgen Krumm, Nathalie Auger, Fernanda Minuz &#8230; Les ressources théoriques et pratiques ne manquent donc pas pour ces groupes  d’apprenants.</p>
<p>Outre cela, l’intérêt du Conseil de l’Europe pour l’accompagnement des adultes migrants est politique, car la définition donnée à « l’intégration linguistique » commande juridiquement les conditions d’accès, de résidence et de naturalisation des personnes immigrantes et donc les politiques migratoires nationales. J’ai eu assez de chance pour faire accepter, sous la présidence Sarkozy, le niveau pré-A1.1 (donnant lieu à certification) pour l’accès en France, ce avec le plein appui de Bernard Cerquiglini, alors Délégué général à la langue française et aux langues de France. Ensuite ce niveau a été relevé. Les différentes « crises » des réfugiés m’ont aussi conduit à accompagner le travail des bénévoles accueillant les réfugiés et les migrants et, dernièrement, ceux en provenance d’Ukraine, par un ensemble de ressources simples disponibles en plusieurs langues (<a href="https://www.coe.int/fr/web/language-policy/adult-refugees"><em>La boite à outils</em></a>).</p>
<p>En y regardant de plus près, une arrière-pensée personnelle peut-être, pensée pour tous les membres de ma famille qui ont appris le français par eux-mêmes.</p>
<p>Daniel Coste<strong> -</strong><em> Vous êtes, avec Michael Byram, l’auteur d’un document majeur de référence intitulé </em>De la diversité linguistique à l’éducation plurilingue : Guide pour l&rsquo;élaboration des politiques linguistiques éducatives en Europe<em>. D’abord publié en 2003, ce Guide a été revu et complété en 2007. Bien des travaux ont été menés depuis lors et bien des débats ont vu le jour à propos de l’éducation plurilingue. Vous-même avez poursuivi votre réflexion et interrogé cette option éducative. S’il fallait aujourd’hui produire une version actualisée de ce Guide ou y ajouter une sorte de postface, quelles seraient, prenant en compte ces évolutions, les lignes principales d’une remise en perspective ?  </em></p>
<p>Je ne pense pas que les principes et les lignes directrices de ce <em>Guide</em> et de celui de 2015 (version révisée) : <em>Guide pour le développement et la mise en œuvre de curriculums pour une éducation plurilingue et interculturelle, </em>élaborés avec tous les collègues du Conseil, soient remis en question par les débats autour de l’éducation plurilingue. Mais ils appellent effectivement une sorte de nouvelle synthèse, dont le <em>Volume complémentaire du CECR</em> (2018) ne semble pas pouvoir tenir lieu.</p>
<p>Il me semblerait important de poser des questions plus stratégiques sur les modalités de mise en place concrète de l’éducation plurilingue.</p>
<p>Par exemple, il faudrait pouvoir compter sur des ouvrages grand public sur ces sujets, de la même veine que ceux de Claude Hagège, car la notion de diversité linguistique n’a pas encore été valorisée comme composante de la diversité écologique. C’est que les légitimes débats didactiques ne sortent pas de la sphère universitaire. Les représentations sociales dominantes sur l’utilité des langues (du type <em>English only</em>) pourraient s’en trouver un tant soit peu déplacées et les responsables politiques pourraient être amenés à des choix plus décisifs en la matière, choix entravés par les croyances sociolinguistiques de bien de leurs électeurs, contre lesquels il ne fait pas bon aller.</p>
<p>Infléchir les programmes officiels est aussi une tâche stratégique, mais elle est singulièrement complexe. On pourrait, en France, au moins faire entrer de manière plus décidée une réflexion sur l’éducation plurilingue dans la formation de tous les professeurs de langue (y compris de français) ; ce qui implique en amont des collaborations plus étroites entre le domaine du FLE et le reste du monde de l’enseignement des langues vivantes et de la langue de scolarisation.</p>
<p>A cet addendum stratégique, il conviendrait d’associer d’ultérieures spécifications de notions centrales. Ainsi, par exemple, l’éducation plurilingue devrait-elle être aussi abordée comme une composante de la citoyenneté. La communication entre les personnes ne se réduit pas à la communication verbale, mais cette dernière joue un rôle évident dans la possibilité de « se comprendre » pour des personnes qui vivent ensemble. Un répertoire de langues individuel idéal devrait comporter une forme de maîtrise des langues proximales : les langues et variétés régionales, les langues importées par les migrations, les langues des voisins frontaliers, langues qui constituent partout le multilinguisme sociétal. Et, de ce point de vue, la connaissance d’une langue internationale est relativement secondaire.</p>
<p>Autre réflexion à poursuivre, celle de la place et des formes de l’éducation plurilingue dans l’enseignement général. L’intérêt didactique s’est centré sur l’apprentissage de la langue de scolarisation par les élèves allophones nouvellement arrivés ou vivant en milieu allophone, autour de l’emploi de leur(s) langue(s) pour la communication et les apprentissages. La problématique est socialement d’une pertinence indiscutable, en termes d’égalité des chances. Mais cela me semble avoir conduit à négliger la concrétisation de l’éducation plurilingue dans les cours de langue standards. Comment enseigner l’anglais, l’allemand ou l’espagnol en France « en mode plurilingue » ? Trop peu de recherches sont disponibles (voir les travaux de Gilles Forlot pour l’anglais) pour concrétiser cette intégration de l’éducation plurilingue dans l’enseignement des langues<em>. </em>Car, il s’agit d’y parvenir sans remettre en cause sa fonction (enseigner une langue particulière) et sans attenter à l’identité professionnelle des enseignants de ces matières. Je ne suggère aucunement de développer je ne sais quelle improbable « méthodologie plurilingue », mais d’élaborer des activités où le détour par les autres langues enseignées (dont la langue de scolarisation principale) ou connues contribue à l’acquisition de la langue qui est l’objet du cours. Et en évitant de s’écarter des instructions officielles. Ce qui nous renvoie aux stratégies.</p>
<p>Pour tout cela, j’ai comme le sentiment qu’une postface ne suffira pas.</p>
<p>Daniel Coste <!--EndFragment--><em>- Une des idées-forces qui s’est de plus en plus affirmée dans vos travaux, c’est l’importance des dimensions linguistiques dans la construction des connaissances par les disciplines scolaires. La façon dont chaque matière mobilise et ordonne selon ses propres exigences les ressources plurielles de la langue de scolarisation entre-t-elle selon vous pleinement dans une conception plurilingue de l’éducation ou convient-il de maintenir des distinctions et de ne pas tout mélanger ?</em></p>
<p><!--StartFragment-->Jean-Claude Beacco -<!--EndFragment--> L’une des interprétations possibles du projet d’éducation plurilingue est celle de créer des transversalités entre les enseignements de langue, en partant du principe que la compétence qui commande les emplois et l’acquisition de différentes formes de communication langagière est une. Cela semble assez clair pour ce qui concerne la création de passerelles entre les enseignements de différentes langues étrangères. Et parfaitement cadré en ce qui concerne l’enseignement de matières scolaires en langue étrangère : EMILE/ CLIL.</p>
<p>Les relations entre l’enseignement de la langue de scolarisation principale (langue de l’École) avec celui les langues étrangères est moins évident : la question est clairement posée dans la didactique des langues étrangères (et donc du français enseigné aux allophones) : quel est le rôle de la langue première (qui est le plus souvent la langue de l’École) dans l’acquisition d’une langue nouvelle ? Elle est nettement moins identifiée dans l’enseignement de la langue de scolarisation : on ne se pose pas fréquemment la question de savoir quelle serait la contribution possible de l’anglais, de l’allemand, de l’espagnol ou encore de l’occitan à la maîtrise du français en France. D’ailleurs, le fait même de poser la question soulèverait probablement un tollé idéologique, alors que l’on a longtemps justifié l’enseignement des langues classiques (latin, grec) par leur contribution à l’apprentissage du français.</p>
<p>Autre volet : la relation entre l’enseignement du français comme matière et celui des matières scolaires en français. Car les difficultés d’appropriation des connaissances ne sont pas uniquement d’ordre cognitif : elles peuvent aussi tenir au langage. Cette dimension déjà explorée en France (par ex. 1963 : <em>Eveil scientifique et modes de communication, Recherches pédagogiques </em>117, Institut national de la recherche pédagogique, INRP) revient sur le devant de la scène, en particulier grâce aux travaux du Conseil de l’Europe qui ont réactivé l’intérêt pour cette problématique majeure. Mais cela s’effectue dans le cadre des didactiques des disciplines (mathématiques, histoire …) et non du point de vue du français comme matière (en France).</p>
<p>On voit donc bien que « tout ne se mélange pas », en particulier du fait du statut spécifique, lié à l’identité nationale, de l’enseignement  de la langue de scolarisation principale.</p>
<p>Du point de vue théorique, on peut  soutenir que les enseignements EMILE aux allophones et celui  des matières scolaires en français aux apprenants francophones ne sont pas de même nature (langue première<em> vs</em> langue étrangère). Mais, si l’on considère les formes discursives propres aux disciplines, on se trouve devant un problème de même nature : celles-ci présentent une certaine forme de spécificité par rapport aux genres de discours ordinaires et ce « discours académique » (pour aller vite) n’entre dans l’expérience communicative commune ni des apprenants francophones ni des apprenants allophones. De plus, le discours académique est variable d’une communauté de communication à une autre et l’on sait bien que celles-ci sont définies par des modes de communication appropriés et non par la langue qui y est utilisée. Tout cela plaide pour d’autres mises en relation.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, dans un cas comme dans l’autre, rien de didactiquement fondé ne saurait, à mon sens, se construire sans descriptions précises de ces discours dans la classe et dans les manuels, sans analyse de discours et, donc, sans linguistique !</p>
<p>Daniel Coste <em>- Les orientations promues et les propositions formulées en faveur d’une éducation plurilingue et interculturelle par les programmes successifs de la Division des politiques linguistiques ont fait l’objet de nombreuses critiques, tout particulièrement dans l’espace universitaire français. Pas seulement en raison de l’ordre alphabétique des noms dans les publications collectives, vous vous êtes trouvé plus que d’autres en première ligne dans ces mises en cause parfois violentes, voire quasiment adressées – dans la transparence des citations – </em>ad hominem. <em>A notre connaissance, quelles qu’en soient l’origine et la visée, vous n’avez pas répondu à ces attaques. Un tel choix n’est pas indifférent dans un champ où la joute académique, la polémique idéologique ou les divergences éthiques ont retrouvé une place importante. Pourriez-vous nous expliquer ce positionnement qui, s’agissant aussi de valeurs, ne relève sans doute pas d’un simple « Les chiens aboient… la caravane passe » ?</em></p>
<p><!--StartFragment-->Jean-Claude Beacco -<!--EndFragment--> Je préciserai d’abord que le débat, en général, ne me semble pas actuellement si présent en didactique du FLE. Ainsi, pour ce qui me concerne, j’ai formulé quelques questions, par ex. la relative absence de la prise en compte des convictions et des valeurs religieuses dans l’éducation interculturelle, ceci dans la littérature didactique d’expression française. Je n’ai pas connaissance de réactions à cette observation.</p>
<p>En second lieu, ce qui a fait débat est surtout le CECR, en particulier son caractère « européen » qui le rendrait inadapté à d’autres contextes. Les critiques radicales auxquelles vous faites allusion sont d’une autre nature et elles ont été très limitées, à la France d’abord et au FLE ensuite, car elles n’apparaissent pas dans le domaine de la didactique des autres langues, comme l’a souligné P. Frath dans un article des <em>Langues modernes</em> (2008/2). La prise à partie du CECR et du Conseil de l’Europe, accusé d’être un suppôt du capitalisme et du libéralisme en éducation, est le fait d’un petit manipule d’irréductibles universitaires, qui en a fait son fond de commerce.</p>
<p>Je n’ai pas pris part à ces échanges, parce que je ne suis pas auteur du CECR, donc pas concerné. Par ailleurs, je ne m’engage que dans des débats didactiques. Je considère que ceux qui ont été suscités sont des procès d’intention, fondés sur des convictions idéologiques. On nous rejoue le débat de l’Après-guerre autour du <em>Français fondamental</em>. Je n’ai pas à discuter les croyances politiques des collègues, qui ont tout lieu d’être, mais qui ne relèvent pas, en dernière instance, du débat professionnel. Au pamphlet, on répond par un pamphlet. Il se trouve que ce n’est pas mon genre (de discours). Je préfère le trait épigrammatique, comme on peut le constater.</p>
<p>Quant à savoir pourquoi j’ai été la tête de Turc de prédilection (et non, par exemple, Daniel Coste, seul auteur français du CECR et donc cible désignée) de certains de ces messieurs, c’est à eux qu’il conviendrait de le demander. Pour ma part, je n’imagine pas d’autres raisons à cette hargne (parfaitement inédite en didactique du FLE) que des motifs personnels (compétition pour un poste, combat de coqs pour la notoriété). Mais je manque sans doute d’imagination.</p>
<p>De toute façon, la caravane est déjà bien loin.</p>
<p>Daniel Coste<em> - La reconnaissance et la notoriété que vous ont values vos travaux et votre engagement ont eu aussi pour conséquence que vous avez souvent été appelé pour des études ou des missions d’expertise par différentes institutions, nationales, régionales, internationales. Quelles leçons avez-vous tirées de ces interventions institutionnelles ? De quels types ont-elles été s’agissant de la gestion et de l’aménagement de la diversité linguistique dans des contextes éducatifs ? Est-ce que, ces dernières années, la plupart avaient à voir avec le passage « de la diversité linguistique à l’éducation plurilingue » ? </em></p>
<p><!--StartFragment-->Jean-Claude Beacco -<!--EndFragment--> J’ai été surtout amené à contribuer à des projets du point de vue de l’ingénierie des formations. En particulier, pour les filières universitaires (Irak, Egypte, Mexique, Cambodge…). J’ai eu aussi à conseiller les décideurs sur l’enseignement bilingue/ EMILE (Trento) et sur l’évaluation des acquis (Dispositif national d’évaluation au Liban) Et, bien entendu, j’ai été expert pour l’Union européenne et, surtout, je collabore avec le Conseil de l’Europe depuis 1998.</p>
<p>Mes activités « locales » ont impliqué l’usage d’instruments comme le CECR ou les<em> Guides</em> du Conseil de l’Europe. Aucun de ces projets n’était directement « plurilingue », mais j’ai fait en sorte qu’ils soient pensés, plus ou moins centralement, dans cette perspective. Des avancées de ce projet éducatif par petites touches et dans des espaces spécifiques. Sans emballement particulier ces dernières années, mais les expertises qui m’ont été confiées ne sont pas nécessairement représentatives des dynamiques dominantes du champ.</p>
<p>Partout j’ai pu constater l’importance des traditions nationales / régionales, des cultures éducatives transmises et de la reproduction de l’existant par rapport aux préoccupations innovantes, promues par les didacticiens « du centre », qui sont aussi souvent développées hors-sol. Ce qui est sans doute une des conditions de leur développement. Mais l’écart entre nos préoccupations et les questions à aborder sur place est, à tous coups, considérable. Et nous avons besoin d’une théorie de la contextualisation fondée sur l’étude… des contextes d’intervention. Je regrette que la réflexion didactique influente (et légitime a priori) provienne surtout des pays officiellement de langue française. Cette multipolarité, nos collègues anglophones sont parvenus à la créer et Suresh Canagarajah ou l’<em>Asian EFL Journal</em> ont autant d’audience potentielle que Simon Borg ou <em>l’European Journal of Language Po</em><em>licy</em>. Nous sommes encore très centralistes. Encore un trait historique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Entretien réalisé par Daniel Coste</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>PLURIMATHS &#8211; Lundi 16/05/2022 -15h30-18h00</title>
		<link>http://www.adeb-asso.org/plurimaths-lundi-16052022-15h30-18h00/</link>
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		<pubDate>Thu, 12 May 2022 08:12:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[disciplines scientifiques]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement bilingue des mathématiques]]></category>
		<category><![CDATA[plurilinguisme]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Les Mathématiques sont aussi des faits de langue(s) Comment comptons-nous dans nos langues? Information de dernière minute : un séminaire zoom lundi 16 mai à 15h30 (heure de Paris). Exposés sur le comptage en Maya, en Somali et en Afar, et en Japonais, comparaisons avec le Wolof et le Français. Programme détaillé Zoom Link: https://bit.ly/3yrTlGF [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<h2>Les Mathématiques sont aussi des faits de langue(s)</h2>
<h2>Comment comptons-nous dans nos langues?</h2>
<p>Information de dernière minute : un séminaire zoom lundi 16 mai à 15h30 (heure de Paris).</p>
<p>Exposés sur le comptage en Maya, en Somali et en Afar, et en Japonais, comparaisons avec le Wolof et le Français.<br />
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<p><a href="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2022/05/Cartaz-Mathématiques-2022-Web.pdf" target="_blank">Programme détaillé</a></p>
<p><!--StartFragment--><span dir="ltr" style="left: 817.874px; top: 1811.78px; font-size: 20px; font-family: sans-serif; transform: scaleX(1.08457);">Zoom Link: https://bit.ly/3yrTlGF</span><!--EndFragment--></p>
<h2></h2>
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<h4><span dir="ltr" style="left: 283.998px; top: 696.586px; font-size: 43.3333px; font-family: sans-serif; transform: scaleX(1.05959);"><br />
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		<title>DEVELOPPEMENT DE L&#8217;ENSEIGNEMENT BI/PLURILINGUE &#8211; DEUXIEME WEBINAIRE</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Apr 2022 10:35:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[enseignement bilingue]]></category>
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		<category><![CDATA[plurilinguisme]]></category>
		<category><![CDATA[pratiques d'enseignement]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.adeb-asso.org/?p=2352</guid>
		<description><![CDATA[<p>Webinaires pour comprendre les enjeux pédagogiques et politiques du bi/plurilinguisme (rappel) L’ADEB prend part à une série de trois webinaires autour de la thématique du plurilinguisme que le Fil Plurilingue organise dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne en 2022. Les 3 webinaires &#8211; “Développement de l’Enseignement Bi/plurilingue” &#8211; constituent [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Webinaires pour comprendre les enjeux pédagogiques et politiques du bi/plurilinguisme (rappel)</h3>
<p>L’ADEB prend part à une série de trois webinaires autour de la thématique du plurilinguisme que le<a href="https://lefilplurilingue.org"> Fil Plurilingue</a> organise dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne en 2022.</p>
<p>Les 3 webinaires &#8211; “Développement de l’Enseignement Bi/plurilingue” &#8211; constituent un ensemble et un parcours dont le fil conducteur est le plurilinguisme comme notion et comme enjeu. Le premier a eu lieu en février.</p>
<p>Il vous reste la possibilité d’assister à ceux d’avril et de juin.</p>
<p>Informations et descriptifs <strong><a href="http://www.adeb-asso.org/developpement-de-lenseignement-biplurilingue-trois-webinaires/">ici</a></strong>.</p>
<h4><strong>DEUXIÈME WEBINAIRE</strong></h4>
<p>Titre : Éducation bi/plurilingue : enjeux et pratiques linguistiques</p>
<p><!--StartFragment-->Les enjeux d’une éducation bi-/plurilingue, présentés dans l’introduction générale (webinaire 1), sont étroitement liés à des pratiques d’enseignement formel. Le bi-plurilinguisme, de l’école maternelle au lycée (et au-delà !) c’est effectivement des modalités d’enseignement et d’apprentissage qui vont interroger la valorisation, l’articulation et la mise en synergie de différentes langues (les langues de l’environnement proch ou locales, les langues des familles, les langues enseignées à l’école : langue/s de scolarisation, langues étrangères, régionales, minoritaires, de la migration, de l’antiquité…) tout en soulevant des questions sur la pluralité interne de toute langue. Comment prendre en compte et didactiser la variation ? quelle formation liminaire, quelle conception commune de la langue, quelles compétences les enseignants devraient-ils acquérir ? Ce webinaire essaiera d’apporter quelques réponses pédagogiques et didactiques qui devraient permettre de concrètement mettre en dialogue  ces langues, les alterner, les comparer, les utiliser en classe en levant les freins potentiels à ce type d’enseignement, pour des bénéfices bien réels pour les élèves. On le voit, l’enseignement bi-plurilingue est un enseignement en pleine expansion et à prendre au sérieux ! Les expériences vécues dans nombre de systèmes où il est en place, en France et dans le monde francophone sont des richesses à partager et à faire croître !<!--EndFragment--></p>
<p><em>Intervenants</em> : Marisa Cavalli, Pierre Escudé, et Stéphanie Vaissière</p>
<p><em>Date</em> : <strong>le 21 avril 2022 à 13h30</strong></p>
<p><em>Modalités de participation</em> : en accès libre, sur inscription <a href="https://app.livestorm.co/france-education-international/webinaire-2-education-biplurilingue-enjeux-et-pratiques-linguistiques"><strong>avec ce lien</strong></a></p>
<h4><strong>ANNONCE DU TROISIÈME ET DERNIER WEBINAIRE</strong></h4>
<p><em>Titre</em> : Éducation bi/plurilingue : enjeux et pratiques disciplinaires</p>
<p><em>Intervenants</em> : Myriam Abou-Samra, Laurent Gajo et Catherine Mendonça-Dias</p>
<p><em>Date</em> : <strong>le 21 juin 2022 à 13h30</strong></p>
<p><em> Modalités  de participation </em> : en accès libre, sur inscription, lien à venir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="margin: 0in; font-family: Calibri; font-size: 11.0pt;"><!--StartFragment--><br />
<!--EndFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>DEVELOPPEMENT DE L&#8217;ENSEIGNEMENT BI/PLURILINGUE  &#8211; TROIS WEBINAIRES</title>
		<link>http://www.adeb-asso.org/developpement-de-lenseignement-biplurilingue-trois-webinaires/</link>
		<comments>http://www.adeb-asso.org/developpement-de-lenseignement-biplurilingue-trois-webinaires/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Feb 2022 17:24:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[diversité]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement bi-/plurilingue]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement bi/plurilingue des disciplines]]></category>
		<category><![CDATA[plurilinguisme]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>En partenariat avec le Fil plurilingue, l&#8217;ADEB (Association pour le développement de l&#8217;enseignement bi/plurilingue) prend part à une série de trois webinaires (en accès libre, sur inscription) autour de la thématique du plurilinguisme que le Fil Plurilingue organise dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l&#8217;Union européenne en 2022. Un fil conducteur [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<p><!--StartFragment--> En partenariat avec<!--EndFragment--> le<a href="https://lefilplurilingue.org/"> Fil plurilingue</a>, l&rsquo;ADEB (Association pour le développement de l&rsquo;enseignement bi/plurilingue) prend part à une série de trois webinaires (en accès libre, sur inscription) autour de la thématique du plurilinguisme que le Fil Plurilingue organise dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l&rsquo;Union européenne en 2022.</p>
<p><!--StartFragment--></p>
<h2><strong>Un fil conducteur : le plurilinguisme</strong></h2>
<p>Les webinaires “Développement de l’Enseignement Bi/plurilingue” constituent un ensemble et un parcours dont le fil conducteur est le plurilinguisme comme notion et comme enjeu : notion circulante et en débat, enjeu de nature scientifique, politique, didactique et pédagogique. Ces webinaires prendront en considération, sans s’y limiter, les rapports entre français et plurilinguisme. Il sera aussi question d’autres langues de France, d’autres langues en France, dans l’espace francophone et ailleurs, toujours en relation à des contextes sociaux et territoriaux multilingues et à des pratiques individuelles et collectives plurilingues. Les apports de diverses expériences qui portent attention à la diversité linguistique peuvent enrichir et diversifier les pratiques de tout enseignement bi-/plurilingue où qu’il se réalise, moyennant les indispensables adaptations. Il s’agit de capitaliser les acquis de ces différentes expériences en les adaptant aux spécificités de chaque contexte.</p>
<p>La visée de cette série de webinaires est bien de dépasser les slogans et les mots d’ordre, les enthousiasmes et les anathèmes auxquels une certaine promotion du plurilinguisme a pu donner lieu jusqu’à récemment et encore aujourd’hui. Il s’agira, à l’intention notamment des enseignants engagés dans des formes d’enseignement bilingue, de poser des points de repère stables, de dégager des perspectives fiables, de faire état d’instruments d’analyse et d’intervention qui ont fait leurs preuves.</p>
<p>Cela, bien sûr, dans un domaine en évolution constante marqué par les effets de la mondialisation, les mobilités internationales, les bouleversements technologiques, les tensions géopolitiques, les rivalités géo-économiques, mais aussi par les mouvements transculturels aussi bien que les interrogations identitaires, autant de phénomènes globaux dont on sait bien qu’ils affectent les langues dans leurs circulations, leurs contacts, leur expansion, leur défense et leur apprentissage.</p>
<p>Rien d’étonnant donc à ce que, dans un tel panorama changeant, le terme plurilinguisme véhicule aujourd’hui des contenus et des représentations extrêmement variables.  C’est pourtant sur ce fond, sans avoir à y insister, que les trois webinaires s’inscriront aussi. Chacun fera l’objet d’une brève présentation résumée mais le parcours qu’ils traceront peut être caractérisé comme suit :</p>
<ul>
<li>Le plurilinguisme est à situer plus largement sous le signe de la diversité linguistique et culturelle, mais aussi d’autres ordres de pluralité, notamment didactique ; il est inséparable d’un rapport à l’altérité ; comme tel aussi il a à voir non seulement avec l’enseignement et l’apprentissage de telle ou telle langue, mais avec l’éducation en général, comme lieu de formation, de développement / enrichissement identitaire, de construction des connaissances, de relation interculturelle et d’inclusion sociale.</li>
<li>Le plurilinguisme est le fait d’acteurs sociaux dans leurs usages personnels et leurs interactions dans des groupes de pratique ; ces acteurs sociaux tirent leurs capacités des ressources que leur offre la variation constitutive du langage, variation interlinguistique mais tout autant intralinguistique ; diversité des statuts des langues, diversité des normes, diversité des pratiques en contexte sont au cœur des enjeux linguistiques que les acteurs des systèmes éducatifs ont à affronter.</li>
<li>Le plurilinguisme est souvent interrogé quant à la place qui lui est faite dans la construction et la transmission des connaissances disciplinaires en contexte scolaire et universitaire, aussi bien pour l’enseignement que dans la recherche ; mais toute élaboration des savoirs repose sur la variation et la reformulation linguistique, sur la pluralité des systèmes sémiotiques et c’est aussi ce continuum dans l’alternance qu’il importe d’analyser et de didactiser.</li>
</ul>
<p><!--EndFragment--><img class="align-center aligncenter" src="https://lefilplurilingue.org/sites/default/files/inline-images/MicrosoftTeams-image%20%2810%29.png" alt="Webinaires plurilinguisme" width="658" height="854" data-entity-type="file" data-entity-uuid="2252ff0f-8a3c-4cc0-a8c5-3e1a89ac7935" /></p>
<h2>Premier axe</h2>
<ul>
<li><strong>Titre : Diversité, plurilinguisme et éducation</strong></li>
<li>Date : 25 février 2022 à 13h30</li>
<li>Intervenants :<br />
- Nathalie Auger, professeur à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, UR LHUMAIN<br />
- Daniel Coste, professeur à la retraite, anciennement à l’ENS de Lyon<br />
- Laurent Gajo, professeur à l’Université de Genève</li>
<li>Lien : <a href="https://app.livestorm.co/france-education-international/webinaire-adeb?type=detailed">https://app.livestorm.co/france-education-international/webinaire-adeb?type=detailed</a></li>
<li>Description et argumentaire :</li>
</ul>
<p>Dans le rapport de l’école à la pluralité des langues, on a trop longtemps pensé et présenté le plurilinguisme comme résultant d’une construction additive venant s’ajouter à la langue « maternelle ». Or, à l’échelle mondiale, une partie majeure des enfants qui entrent à l’école sont déjà plurilingues et la totalité a déjà non seulement une expérience de la diversité linguistique et culturelle, mais aussi une certaine capacité à s’y repérer et à en faire usage. C’est ce sur quoi l’école peut aussi s’appuyer dans les développements qu’elle propose, étant clair par ailleurs que les enfants et adolescents qu’elle accueille sont exposés à bien d’autres ordres de pluralité : pluralité des connaissances et des voies d’accès à ces connaissances, pluralité des démarches d’enseignement, pluralité des normes et des valeurs, pluralité des communautés auxquelles appartenir ou s’intégrer. Autant d’expériences plurielles qui sont d’abord autant de mises en contact plus ou moins médiées avec l’altérité sous ses multiples formes. Dans ces parcours non linéaires, le plurilinguisme bien compris constitue une ressource, non un obstacle, ainsi que le montrent divers projets en cours, au service du projet éducatif sans son ensemble.</p>
<h2>Deuxième axe</h2>
<ul>
<li><strong>Titre :  Éducation bi/plurilingue : enjeux et pratiques linguistiques</strong></li>
<li>Date : 21 avril 2022 (horaire à préciser)</li>
<li>Intervenants :<br />
- Marisa Cavalli, enseignante chargée de recherche &#8211; ex Institut Régional de Recherche Éducative pour le Val d’Aoste (Italie)<br />
- Pierre Escudé, Professeur des Universités en didactique des langues, Université de Bordeaux &amp; INSPE de l’académie de Bordeaux<br />
- Stéphanie Vaissière, conseillère pédagogique en langue et culture régionales &#8211; occitan, DSDEN de Tarn-et-Garonne, Education Nationale</li>
<li>Lien : à venir</li>
<li>Description et argumentaire :</li>
</ul>
<p>Les enjeux d’une éducation bi-/plurilingue, présentés dans l’introduction générale (webinaire 1), sont étroitement liés à des pratiques d&rsquo;enseignement formel. Le bi-plurilinguisme, de l&rsquo;école maternelle au lycée (et au-delà !) c&rsquo;est effectivement des modalités d&rsquo;enseignement et d&rsquo;apprentissage qui vont interroger la valorisation, l’articulation et la mise en synergie de différentes langues (les langues de l’environnement proch ou locales, les langues des familles, les langues enseignées à l’école : langue/s de scolarisation, langues étrangères, régionales, minoritaires, de la migration, de l’antiquité…) tout en soulevant des questions sur la pluralité interne de toute langue. Comment prendre en compte et didactiser la variation ? quelle formation liminaire, quelle conception commune de la langue, quelles compétences les enseignants devraient-ils acquérir ? Ce webinaire essaiera d’apporter quelques réponses pédagogiques et didactiques qui devraient permettre de concrètement mettre en dialogue  ces langues, les alterner, les comparer, les utiliser en classe en levant les freins potentiels à ce type d’enseignement, pour des bénéfices bien réels pour les élèves. On le voit, l&rsquo;enseignement bi-plurilingue est un enseignement en pleine expansion et à prendre au sérieux ! Les expériences vécues dans nombre de systèmes où il est en place, en France et dans le monde francophone sont des richesses à partager et à faire croître !</p>
<h2>Troisième axe</h2>
<ul>
<li><strong>Titre : Éducation bi/plurilingue  : enjeux et pratiques disciplinaires</strong></li>
<li>Date : 21 juin 2022 (horaire à préciser)</li>
<li>Intervenants :<br />
- Myriam Abou-Samra, MCF à l’Université de Franche-Comté (CLA), ELLIADD<br />
- Laurent Gajo, professeur à l’Université de Genève<br />
- Catherine Mendonça Dias, Sorbonne nouvelle, DILTEC</li>
<li>Lien : à venir</li>
<li>Description et argumentaire  :</li>
</ul>
<p>L’exposition aux langues dans le cadre scolaire dépasse largement l’espace dévolu à l’enseignement des langues, constat évident pour la langue de scolarisation. Plusieurs options didactiques, notamment en lien avec l’immersion, proposent ainsi d’utiliser les espaces de communication qu’offrent les différentes disciplines pour renforcer l’exposition à une langue seconde ou étrangère (L2). L’idée même d’exposition mérite toutefois d’être discutée et dépassée. En effet, plusieurs recherches et expérimentations montrent, depuis une vingtaine d’années, que l’enseignement des disciplines dites non linguistiques peut tirer parti de l’utilisation d’une L2 dans une perspective de construction intégrée des savoirs. Par ailleurs, l’enseignement dit « bilingue » gagne aussi à interroger la place des deux langues d’enseignement – en alternance, en contraste, en complémentarité – dans ce processus d’intégration. En retour, il est profitable de nourrir une réflexion sur l’engagement de la langue de scolarisation dans tous les savoirs de l’école et le processus éducatif en général.</p>
<p class="text-align-right" style="text-align: right;"><em>Infographie réalisée par <a href="https://lefilplurilingue.org/">le Fil Plurilingue </a></em></p>
<p class="text-align-right" style="text-align: right;"><em>Programme et descriptifs conçus par l&rsquo;ADEB</em></p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p style="margin: 0in; font-family: Calibri; font-size: 11.0pt;"><!--StartFragment--><br />
<!--EndFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>PFUE &#8211; Forum en ligne « Innovation, technologies et plurilinguisme », du 7 au 9 février 2022</title>
		<link>http://www.adeb-asso.org/pfue-forum-en-ligne-innovation-technologies-et-plurilinguisme-du-7-au-9-fevrier-2022/</link>
		<comments>http://www.adeb-asso.org/pfue-forum-en-ligne-innovation-technologies-et-plurilinguisme-du-7-au-9-fevrier-2022/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 28 Jan 2022 10:20:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[innovation]]></category>
		<category><![CDATA[plurilinguisme]]></category>
		<category><![CDATA[technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>La DGLFLF organise du 7 au 9 février dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, le Forum « Innovation, technologies et plurilinguisme » (en ligne). Parmi les temps forts de la « présidence française du Conseil de l’Union européenne 2022 », le ministère de la Culture, à travers la Délégation générale à la [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>La DGLFLF organise du 7 au 9 février dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, le Forum « Innovation, technologies et plurilinguisme » (en ligne).</p>
<p>Parmi les temps forts de la « <a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51361/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">présidence française du Conseil de l’Union européenne 2022</a> », le ministère de la Culture, à travers la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, organisera du <strong>7 au 9 février 2022</strong> le forum interministériel « Innovation, technologies et plurilinguisme », <strong>entièrement</strong> <strong>en ligne</strong>.</p>
<p><strong><em>La mutation numérique offre aujourd’hui de nouvelles possibilités pour le plurilinguisme, enjeu de cohésion sociale et de </em></strong><strong><em>citoyenneté en Europe.</em></strong></p>
<p>Ouvert par Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Culture, ce forum réunira de nombreux acteurs français et européens de la traduction, des technologies du langage, du numérique et de l&rsquo;intelligence artificielle, au service du plurilinguisme dans nos sociétés.</p>
<p><strong>Pour suivre cet événement et recevoir les liens de connexion afférents, vous êtes invité à vous enregistrer </strong><strong>dès maintenant </strong>sur la plateforme de la présidence française du Conseil de l’Union européenne selon les modalités suivantes :</p>
<p><strong>Réunion n°46 : Forum « Innovation, technologies et plurilinguisme »</strong></p>
<ol>
<li>Cliquer sur le lien : <a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">https</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">:</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">/</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">/</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">delegues</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">.</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">accreditation-eu2022</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">.</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">fr</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">/</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">secured</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">/</a><a href="https://infolettres.duministeredelaculture.fr/t.htm?u=/e/3/56020/205/51363/r16vogsmzempvepeujubuguzjsfjugphpgh/r.aspx">login</a></li>
<li>Cliquer en bas sur : Créer un nouveau compte</li>
<li>Remplir le formulaire</li>
<li>Vous recevez un message, cliquer sur le lien pour « activer votre compte »</li>
<li>Sur la page « Authentification », enregistrez-vous dans la Délégation <strong>FORINOVPLURI.PARTICIDGLFLF </strong><strong> </strong>/ et avec le code d’accès <strong>ParticipaDGLFLF2022!</strong> / votre <strong>mél</strong> / et votre <strong>mot de passe</strong> (créé à la première connexion)</li>
</ol>
<p><!--EndFragment-->&nbsp;</p>
<p><b><span style="font-family: 'Segoe UI',sans-serif; color: #212121;">Présentation de l&rsquo;évènement :</span></b></p>
<p><span style="font-size: 11.0pt; font-family: 'Calibri',sans-serif; color: black;"><a href="https://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Actualites/Forum-Innovation-Technologies-et-Plurilinguisme"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Segoe UI',sans-serif; color: purple;">https://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Actalites/Forum-Innovation-Technologies-et-Plurilinguisme</span></a></span><span style="font-family: 'Segoe UI',sans-serif; color: #212121;"> </span></p>
<p><span style="font-family: 'Segoe UI',sans-serif; color: #212121;"> </span><b><span style="font-family: 'Segoe UI',sans-serif; color: #212121;">Accéder au programme</span></b><span style="font-family: 'Segoe UI',sans-serif; color: #212121;"> : </span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 11.0pt; font-family: 'Segoe UI',sans-serif; color: purple;"><a href="https://www.culture.gouv.fr/Media/Medias-creation-rapide/PROGRAMME-FR_Forum-PFUE_Innovation-technologies-et-plurilinguisme_19012022.pdf"><span style="font-size: 12.0pt;">https://www.culture.gouv.fr/Media/Medias-creation-rapide/PROGRAMME-FR_Forum-PFUE_Innovation-technologies-et-plurilinguisme_19012022.pdf</span></a></span></span></p>
<p><!--EndFragment-->&nbsp;</p>
<p><!--EndFragment-->&nbsp;</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.adeb-asso.org/pfue-forum-en-ligne-innovation-technologies-et-plurilinguisme-du-7-au-9-fevrier-2022/">PFUE &#8211; Forum en ligne « Innovation, technologies et plurilinguisme », du 7 au 9 février 2022</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.adeb-asso.org">Association pour le Développement de l&#039;Enseignement Bi/plurilingue</a>.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le Centre européen pour les langues vivantes (CELV) du Conseil de l&#8217;Europe &#8211; Entretien avec Sarah Breslin, directrice exécutive</title>
		<link>http://www.adeb-asso.org/le-centre-europeen-des-langues-vivantes-du-conseil-de-leurope-entretien-avec-sarah-breslin-directrice-executive-du-celv/</link>
		<comments>http://www.adeb-asso.org/le-centre-europeen-des-langues-vivantes-du-conseil-de-leurope-entretien-avec-sarah-breslin-directrice-executive-du-celv/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 22 Nov 2021 21:49:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[CELV]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil de l'Europe]]></category>
		<category><![CDATA[éducation plurilingue et interculturelle]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement des langues]]></category>
		<category><![CDATA[formation au plurilinguisme]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>L&#8217;ADEB a le grand honneur et l&#8217;immense plaisir d&#8217;accueillir &#8211; dans notre rubrique Entretiens &#8211; Sarah Breslin, directrice exécutive du Centre Européen des Langues Vivantes du Conseil de l&#8217;Europe, dont le siège est à Graz en Autriche. Daniel Coste &#8211; Vous êtes directrice exécutive du CELV depuis plus de 8 ans. De la position particulière [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;ADEB a le grand honneur et l&rsquo;immense plaisir d&rsquo;accueillir &#8211; dans notre rubrique <em>Entretiens</em> &#8211; Sarah Breslin, directrice exécutive du Centre Européen des Langues Vivantes du Conseil de l&rsquo;Europe, dont le siège est à Graz en Autriche.</p>
<p>Daniel Coste &#8211; <em>Vous êtes directrice exécutive du CELV depuis plus de 8 ans. De la position particulière que vous occupez et du lieu de convergence et de dissémination européennes qu’est le Centre, avez-vous perçu des évolutions dans le paysage des langues ou constatez-vous plutôt une grande stabilité ?</em></p>
<p>Sarah Breslin &#8211; Comme principe, je rejette toute dichotomie réductrice, par exemple, entre « évolution » et « stabilité ». Il y a de la stabilité dans les évolutions et des évolutions dans la stabilité. Au cours de mes plus de huit ans comme directrice exécutive du CELV, j’ai constaté, bien sûr, des évolutions, mais aussi de la stabilité. C’est le rôle du CELV de médier entre ces deux pôles, de suivre les flux et reflux, dans nos pays membres, de leurs priorités dans le domaine de l’éducation aux langues ainsi que des évolutions qui ne sont qu’un reflet de ce qui se passe dans la société ainsi que de l’histoire de chaque pays.  Pour vous en donner un exemple : un petit pays comme la Slovénie, anciennement partie de ce qui était la Yougoslavie, a toujours placé une grande importance sur l’apprentissage des langues étrangères, désireux d’ouvrir ses portes − longtemps fermées − au monde. Et bien que cette importance perdure, la Slovénie évolue et reconnait qu’aujourd’hui, dans ses salles de classes, il y a maintenant assez d’enfants allophones même si, en comparaison avec d’autres pays, le nombre de migrants est plus bas : donc les approches plurielles et une éducation plurilingue et interculturelle sont devenues une grande priorité, y inclus bien sûr, l’importance de la langue de scolarisation.  Tout simplement pour dire que le paysage évolue d’une façon continue, avec des moments précis où un thème ou un aspect de l’éducation aux langues devient plus pertinent, mais sans jamais oublier les autres. Je pense qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un processus cyclique et que notre travail consiste à aider les pays à relever leurs défis spécifiques, tout en leur rappelant de ne pas négliger d&rsquo;autres aspects, car ceux-ci retrouveront également leur importance à un moment donné.  Je trouve que l’image de <a href="https://www.coe.int/fr/web/language-policy/platform">la Plateforme de ressources et de références pour l’éducation plurilingue et interculturelle</a>,  développée par le Conseil de l’Europe, aide beaucoup à ce propos : on commence avec l’apprenant et ses besoins, on voit l’ensemble des aspects et la relation entre eux, tout en sachant que, selon le contexte ou le moment dans le parcours éducatif de chaque apprenant, certains aspects seront prioritaires.</p>
<p>Daniel Coste &#8211; <em>On a marqué les 25 ans du CELV, centre créé dans un moment historique particulier de mise en relation des pays d’Europe de l’Ouest, membres déjà anciens du Conseil de l’Europe, avec des pays nouveaux membres. Cette relative hétérogénéité constitutive de l’accord partiel résultait d’une volonté politique affirmée et n’allait pas sans des différences, voire des déséquilibres entre les traditions d’enseignement et l’état des orientations de politique linguistique et de novation didactique. Est-ce que des effets de cette situation initiale sont encore perceptibles aujourd’hui ?</em></p>
<p>Sarah Breslin &#8211; Il est sûr qu’il y a 25 ans les différences entre les traditions pédagogiques ainsi que de politique linguistique entre les pays d’Europe de l’Ouest et ceux de l’Est étaient très marquées. Mais c’est précisément le rôle du Centre de faire le pont entre ces différences, de les utiliser comme opportunités d’apprentissage et je crois que, dans ce sens-là, le Centre a très bien réalisé sa mission. Je vous renvoie à ma première réponse – oui, les différences existent encore, mais elles existent également et nombreuses à l’intérieur de chaque pays et entre les pays de l’Ouest. Il faut connaître et partager ces expériences différentes au sein d’une communauté professionnelle comme le CELV et se poser la question : qu’est-ce que je peux apprendre de l’autre ? Est-ce que cette dissonance cognitive m’aide à réfléchir sur ma façon de voir et de faire les choses ?  Pour moi, les « déséquilibres » comme vous les décrivez, sont nécessaires pour progresser, mais bien sûr qu’il faut savoir les gérer, c’est-à-dire avec soin et sensibilité.  C’est un thème que j’ai exploré dans ma propre recherche – la valeur ajoutée potentielle d’un apprentissage qui a lieu par le franchissement de frontières – linguistiques, pédagogiques, culturelles, etc. – et ce qu’il faut faire pour assurer cet apprentissage.</p>
<p>Daniel Coste &#8211; <em>Le CELV opère sur le mode de l’appel à projets à base pluriannuelle et à l’intérieur d’un cadrage thématique général, lui-même décliné en axes prioritaires. Comment et par quelles instances ces cadrages et ces axes sont-ils retenus ?</em></p>
<p>Sarah Breslin &#8211; Tout d’abord il faut dire que depuis au moins 10 ans maintenant, les programmes du CELV se constituent de deux volet principaux – les projets (avec l’appel à projets) et l’offre de formation et conseil (F&amp;C) pour lequel il y a aussi, depuis le programme actuel, un appel à propositions, mais limitées aux experts qui ont déjà fait partie d’équipes de projet. Mais bon, les deux volets se retrouvent dans un cadrage thématique général, comme vous le dites. Le cadrage thématique avec ses axes prioritaires est le résultat d’un processus de co-construction, un dialogue, un riche échange avec toutes nos parties prenantes.  Et lorsqu’on commence un nouveau processus pour chaque programme, ces programmes se retrouvent fermement ancrés dans les valeurs du Conseil de l’Europe. C’est le point de départ de notre travail et notre vision essaie de « traduire » les trois piliers du Conseil −démocratie, état de droit, droits de l’homme − dans le contexte des langues :</p>
<blockquote><p><strong><em> </em></strong><em><a href="https://www.ecml.at/Aboutus/AboutUs-Overview/tabid/172/language/fr-FR/Default.aspx">Une Europe qui s’engage pour la diversité linguistique et culturelle, qui reconnait et soutient le rôle clé que joue une éducation aux langues de qualité pour favoriser le dialogue interculturel, la citoyenneté démocratique et la cohésion sociale.</a></em></p></blockquote>
<p>Par le biais de questionnaires et de discussions au sein de notre Comité de direction, nous demandons à nos pays membres d’identifier leurs priorités dans le domaine de l’éducation aux langues. On les encourage à lancer eux-mêmes un processus similaire au niveau national, c’est-à-dire, à identifier toute partie prenante − experts/ inspecteurs/auteurs de manuels/chercheurs/éducateurs dans les institutions de formation d’enseignants/parents/directrices d’école, etc. etc. − et de les impliquer dans cette tâche d’identification.  En parallèle, nous demandons aux experts qui travaillent ou ont travaillé avec le CELV de nous indiquer leurs priorités – nous avons une base de données énorme − ainsi qu’aux associations/institutions membres de notre <a href="https://www.ecml.at/Aboutus/professionalnetworkforum/tabid/137/language/fr-FR/Default.aspx">Forum pour le Réseau Professionnel</a> – les ONG internationales liées à l’éducation aux langues et d’autres partenaires du CELV, comme par exemple, nos collègues à la Commission Européenne, nos partenaires au Canada ou à l’université linguistique de Moscou. Nous comparons les résultats pour identifier les thèmes brûlants, les thèmes qui traversent des frontières entre pays, entre langues, entre secteurs et qui méritent une réponse européenne commune. En même temps nous sommes en contact constant avec nos collègues à Strasbourg  et avec tous les pays membres du Conseil de l’Europe par le biais du CDPPE – le Comité pour la politique et la pratique éducative au Conseil (j’y participe activement) − non seulement pour nous assurer de l’alignement de notre programme sur les objectifs du programme d’éducation dont nous faisons partie, mais pour prendre en considération les développements dans le programme de politique linguistique, s’il y a, par exemple, comme dans le cas récent du Volume Complémentaire du CECR, une nécessité de lancer des projets pour mettre en œuvre, contextualiser, développer des guides pratiques autour d’un nouveau développement de ce &laquo;&nbsp;chantier&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce processus de co-construction ressemble un peu au processus de triangulation dans la recherche – on veut recueillir autant d’opinions et de perspectives que possible. Il est très révélateur que, malgré les différences entre pays, entre experts, entre institutions, nous arrivons toujours à un grand consensus sur les thèmes clés. Donc, si vous voulez, c’est encore un exemple d’une tension positive – entre les points en commun et les divergences – deux faces d&rsquo;une même médaille.</p>
<p>Daniel Coste &#8211; <em>Le développement du plurilinguisme a, sous divers accents, été une composante constante des appels à projets successifs et ce en lien assez étroit avec les travaux, les orientations et les instruments produits par la Division puis l’Unité des Politiques Linguistiques du Conseil, à Strasbourg. Etes-vous d’accord avec cette relecture et diriez-vous que le CELV est aujourd’hui en quelque sorte, plus autonome, voire a pris une importance nouvelle comme force d’initiative et de proposition grâce aux programmes qu’il lance et aux perspectives qu’il ouvre ?</em></p>
<p>Sarah Breslin &#8211; Je crois avoir répondu − au moins partiellement − à cette question avec ma réponse antérieure. Le Centre doit vraiment trouver l’équilibre entre les orientations venues de Strasbourg et les priorités nationales. Vous savez qu’on espère présenter une ébauche de Recommandation sur l’importance de l’éducation plurilingue et interculturelle pour une culture de la démocratie au Comité de ministres du Conseil de l’Europe au début de l’année prochaine. Cette Recommandation est le résultat d’une coopération entre Strasbourg et Graz et je l’envisage comme le cadre général pour notre prochain programme. L’ébauche a été soumise à tous les pays signataires de la Convention culturelle européenne ; beaucoup d’entre eux nous ont donné leur retour, donc c’est un développement au niveau politique, oui, mais, en même temps, un développement qui prend en compte la réalité dans les différents pays, comme le programme du CELV.</p>
<p>En ce qui concerne le plurilinguisme, je vous invite à regarder de près certains de <a href="https://www.ecml.at/Thematicareas/Thematicareas-Overview/tabid/1763/language/fr-FR/Default.aspx">nos thèmes </a>: <a href="https://www.ecml.at/Thematicareas/Languagesofschooling/tabid/2968/language/fr-FR/Default.aspx">langue/s de scolarisation</a>/<a href="https://www.ecml.at/Thematicareas/Plurilingualandinterculturaleducation/tabid/4145/language/fr-FR/Default.aspx">éducation plurilingue et interculturelle</a> ou vous trouverez des projets (actuels et réalisés) ainsi que des offres de formation et conseil (F&amp;C) très pertinents ; je vous cite quelques exemples mais c’est vraiment pour vous inciter à fouiller notre « malle à trésors » de ressources :</p>
<p><a href="https://carap.ecml.at/Accueil/tabid/3577/language/fr-FR/Default.aspx">Carap </a>: Un cadre de référence pour les approches plurielles des langues et des cultures</p>
<p><a href="https://maledive.ecml.at/Home/tabid/3598/language/fr-FR/Default.aspx">Maledive</a> : Enseigner la langue de scolarisation en contexte de diversité</p>
<p><a href="https://www.ecml.at/TrainingConsultancy/Supportingthelanguage(s)ofschoolingtheRoadmap/tabid/4342/language/fr-FR/Default.aspx">Feuille de Route</a> (ressource et F&amp;C) : Promouvoir la/les langue(s) de scolarisation</p>
<p><a href="https://www.ecml.at/ECML-Programme/Programme2012-2015/LanguageDescriptors/tabid/1800/Default.aspx">Descripteurs</a> : Compétences linguistiques pour des apprentissages disciplinaires réussis</p>
<p><a href="https://www.ecml.at/TrainingConsultancy/Multilingualclassrooms/tabid/1816/language/fr-FR/Default.aspx">Jeunes migrants </a>: Valoriser les classes multilingues</p>
<p>Oui, nous sommes assez autonomes, mais cela ne veut pas dire que nous travaillons dans le vide ou dans une autonomie totale.  Il faut aussi prendre en compte que nous sommes un Accord Partiel avec 34 pays membres et, comme tel, nous ne représentons pas tous les pays membres du Conseil ; notre fonction complémente les travaux dans le domaine de la politique linguistique financés par le budget ordinaire du Conseil, c’est-à-dire, en représentation de tous les 47 pays membres. Mais ce statut d’accord partiel nous permet d’être assez flexibles, réactifs : je vous donne l’exemple de la <a href="https://www.ecml.at/Resources/Webinars/tabid/5456/language/fr-FR/Default.aspx">série de webinaires</a> que nous avons organisée pour répondre à la crise actuelle de Covid, ainsi que l’initiative intitulée : « <a href="https://www.ecml.at/ECML-Programme/Programme2020-2023/Thefutureoflanguageeducation/tabid/5491/language/fr-FR/Default.aspx">L’avenir de l’enseignement des langues à la lumière du Covid : leçons retenues et pistes pour l’avenir</a> ». Nous sommes en permanence attentifs aux contextes changeants.  Nous avons établi d’énormes réseaux d’experts et de centres spécialisés dans nos pays membres et au-delà et tout cela facilite notre rôle de médiateur transnational. Je suis convaincue que cela explique la demande élevée pour nos services, ainsi que l’adhésion récente de la Belgique. Mais il reste du travail à faire…</p>
<p>Daniel Coste &#8211; <em>Au titre de l’accord de coopération entre l’UE et le CELV, des ateliers de formation sont engagés dans différents pays sur le thème « Relier les curricula, les tests et les examens de langues au Cadre européen commun de référence ». Est-ce une priorité du Centre, une demande des pays, de l’UE ?</em></p>
<p>Sarah Breslin &#8211; L’histoire de l’initiative RELANG a commencé bien avant l’accord de coopération entre la Commission européenne et le CELV. RELANG est aujourd’hui une offre de formation et conseil du CELV et comme toute offre de F&amp;C, a commencé avec un projet de développement, le projet <a href="https://www.ecml.at/ECML-Programme/Programme2008-2011/RelatinglanguageexaminationstotheCEFR/tabid/4394/language/en-GB/Default.aspx">RELEX</a> – relier les examens de langue au CECR. C’est un exemple typique d’un projet du CELV, né des développements de l’ancienne Division des Politiques Linguistiques à Strasbourg : la Division avait élaboré un manuel et un ensemble d&rsquo;outils d&rsquo;accompagnement destinés à faciliter l&rsquo;établissement de liens entre les examens en langues et les niveaux de référence communs en matière de compétences linguistiques. Le projet RELEX a développé <a href="https://www.ecml.at/Resources/ECMLresources/tabid/277/ID/31/language/fr-FR/Default.aspx">une publication</a> complémentaire en fournissant une introduction conviviale au processus, destinée aux professionnels soucieux de la qualité de l&rsquo;évaluation linguistique, mais qui ne sont pas nécessairement des experts en matière de tests et d&rsquo;évaluation.  Les pays membres du CELV, par le biais de leur participation dans le projet RELEX, exprimaient déjà le besoin d’aide dans ce domaine, un besoin auquel la future offre de F&amp;C essayait de répondre.  Les discussions avec la Commission commençaient plus ou moins au moment où le projet RELEX se terminait ; je n’étais pas encore directrice à ce moment-là mais, quand je suis arrivée, l’accord venait de commencer. Comme vous le savez, la Commission a toujours soutenu et promu le CECR, surtout dans le contexte des « benchmarks » et la première <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52007DC0184&amp;from=FR">enquête européenne sur les compétences linguistiques </a>  :  l’ancienne Division des Politiques Linguistiques était bien impliquée dans cette initiative, donc c’est tout à fait logique que RELANG ait été choisi pour ce co-financement.</p>
<p>Dès le début, la demande a été très élevée et elle continue à l’être. D’ici la fin de 2021, l’équipe aura livré 75 ateliers dans 30 pays et le retour est extrêmement positif. Et l’initiative évolue constamment : au début, on ne focalisait que les examens de langues étrangères ; maintenant il y a aussi des <a href="https://relang.ecml.at/Workshopmodules/tabid/4139/language/fr-FR/Default.aspx">modules</a> sur la langue seconde, sur les curricula, sur la médiation et sur le Volume complémentaire. Comme résultat de la crise Covid, l’équipe est en train de préparer un module sur l’évaluation formative. Je reste convaincue de la valeur ajoutée de cette initiative qui répond directement aux besoins des pays membres de l’UE/du CELV. Je soupçonne que derrière cette question il y a un manque d’information qui pourrait mener à des conclusions hâtives – une attention limitée aux langues étrangères et aux examens/niveaux du CECR sans prendre en compte sa philosophie, mais c’est très loin de la vérité.</p>
<p>Nous venons de finaliser une évaluation du programme antérieur qui n’est pas encore publiée mais je vous cite deux commentaires venus des pays qui ont profité de RELANG :</p>
<blockquote><p><em>Le séminaire national RELANG a eu un impact positif sur le développement et la mise en œuvre du nouveau curriculum des langues vivantes pour le gymnase (degrés 5-8). Les coordinateurs des groupes de travail sur les langues vivantes pour le développement du curriculum figuraient parmi les participants du séminaire et les ressources fournies dans le cadre du séminaire ainsi que les activités réalisées ont favorisé et inspiré l&rsquo;innovation curriculaire. Au cours des dix mois qui ont suivi, le curriculum national pour les langues vivantes de la 5e à la 8e année a été rédigé, discuté, révisé, complété selon la méthodologie nationale, puis approuvé par le ministère de l&rsquo;Éducation.</em></p>
<p><em>RELANG a eu un impact décisif sur le système norvégien puisque les programmes d&rsquo;enseignement des langues étrangères font désormais référence au CECRL dans les critères d&rsquo;évaluation. Cet ajout avait été demandé par les enseignants, mais sans succès dans le passé. Le CECR est désormais reconnu et intégré, ce qui facilitera une compréhension commune du niveau attendu des élèves au cours de leur éducation.</em></p></blockquote>
<p>Daniel Coste &#8211; <em>De plus en plus, les travaux menés à Strasbourg pour les langues avaient non seulement intégré les langues de scolarisation mais avaient promu une conception intégrée et inclusive de l’éducation reflétée notamment dans les propositions portant sur les curriculums et sur les dimensions linguistiques de toutes les disciplines scolaires. Est-ce aussi sur cette voie que vous percevez la dynamique actuelle du CELV ou est-ce que l’enseignement-apprentissage des langues « étrangères » et un plurilinguisme portant sur ces dernières restent le cœur de métier et la fonction centrale du CELV, ne serait-ce que parce que nombre de pays contributeurs seraient défavorables à un élargissement du champ d’intervention initial ?</em></p>
<p>Sarah Breslin &#8211; Ce n’est pas du tout le cas que les langues étrangères « forment « le cœur de métier et la fonction centrale du CELV » : ça ne l’a jamais été.  C’est vrai que les thèmes des tout premiers ateliers &#8211; <em>objectifs d’apprentissage – nouveaux m</em><em>édia – l’autonomie de l’apprenant</em> &#8211; se réfèrent surtout à la méthodologie communicative qui a été développée dans le contexte de la didactique des langues étrangères, mais c’était parce que − à ce moment-là − cette méthodologie était au centre des travaux de la Division des Politiques Linguistiques à Strasbourg, et les pays avaient besoin d’aide pour mettre en œuvre cette approche tout à fait innovative.  Mais au fur et à mesure que le changement de paradigme vers l&rsquo;éducation plurilingue s&rsquo;installe à Strasbourg, la même chose se passe ici au CELV, dont le rôle est de relever les défis résultant d&rsquo;un changement aussi radical, avec des ateliers sur <em>les compétences interculturelles, la citoyenneté européenne, l&rsquo;importance des langues moins répandues, les langues et la paix,</em> pour vous donner quelques exemples.  On voit les perspectives en évolution et de nouveaux enjeux dans les titres des programmes successifs du Centre : « <a href="https://www.ecml.at/Activities/Programme20042007/tabid/156/language/fr-FR/Default.aspx"><em>Les langues pour la cohésion sociale</em></a><em> », « </em><a href="https://www.ecml.at/Activities/Currentprogramme/tabid/154/language/fr-FR/Default.aspx"><em>Valoriser les professionnels en langues</em></a><em> », « </em><a href="https://www.ecml.at/ECML-Programme/Programme2012-2015/tabid/685/language/fr-FR/Default.aspx"><em>Apprendre par les langues : Promouvoir une éducation inclusive, plurilingue et interculturelle</em></a><em> », « </em><a href="https://www.ecml.at/ECML-Programme/Programme2016-2019/tabid/1796/language/fr-FR/Default.aspx"><em>Les langues au cœur des apprentissages</em></a>» et le programme actuel – « <a href="https://www.ecml.at/ECML-Programme/Programme2020-2023/tabid/4152/language/fr-FR/Default.aspx"><em>Inspirer l&rsquo;innovation dans l&rsquo;éducation aux langues : contextes changeants, compétences en évolution</em> </a>».</p>
<p>Pour moi le concept d’une éducation plurilingue et interculturelle est comme la philosophie qui sous-tend notre travail, et si on comprend bien ce concept dans sa totalité, il englobe tout aspect de l’éducation aux langues : approches plurielles, langues de scolarisation, langues étrangères, sans qu’un aspect soit en contradiction avec un autre.  Je vous invite à lire notre <a href="https://www.ecml.at/Aboutus/Declaration/tabid/5454/language/fr-FR/Default.aspx">Déclaration du 25ème anniversaire du CELV</a> pour voir comment ces thèmes ou piliers sont interreliés, interagissant les uns avec les autres, selon le contexte et les besoins des apprenants.</p>
<p>Je trouve qu’il y a un vrai danger à suggérer qu’il y aurait une opposition entre « langues étrangères » et « éducation plurilingue » : cette fausse dichotomie risque de nous faire tomber dans le piège d’une compréhension réduite de l’éducation plurilingue et interculturelle.  C’était un thème longuement discuté entre les participants à ma recherche et j’ai bien aimé la clarté d’un d’entre eux qui a énuméré les différents éléments de cette éducation plurilingue et interculturelle, sans oublier leur unité :</p>
<blockquote><p><em>Premier élément, c’est la prise en compte des élèves et de leurs langues, le multilinguisme présent dans la classe ;</em></p>
<p><em>la deuxième dimension … c’est développer la compétence plurilingue de chaque apprenant, leur apprendre à utiliser, à faire des passerelles, à développer des stratégies qui ne soient pas liées à telle langue mais qui prennent appui sur différentes sortes d’apprentissage ;   </em></p>
<p><em>le troisième élément c’est effectivement éduquer à la valeur de la diversité à toutes les occasions et à tous les niveaux, avec tout ce qui est médiation culturelle, etc. …</em></p>
<p><em>le quatrième élément c’est développer des compétences dans les langues dont on est responsable, qu’il ne faut pas oublier. </em>(1)<em><br />
</em></p></blockquote>
<p>Daniel Coste &#8211; <em>Dans la mesure où le CELV est devenu aujourd’hui un centre de référence européen et, bon gré mal gré, un opérateur (parmi d’autres) de politique linguistique éducative, n’est-il pas essentiel que les résultats des projets qu’il impulse fassent l’objet de modalités de diffusion, de synthèses, d’élaboration de conclusions ?</em></p>
<p>Sarah Breslin &#8211; Tout à fait et la dissémination/mise en œuvre de ces outils reste un grand défi. C’est pourquoi nous avons introduit le volet « formation et conseil » qui se base sur les produits de projets déjà terminés. Très souvent c’est l’équipe de l’ancien projet elle-même qui répond aux demandes d’un pays membre. Ce que je trouve surtout intéressant dans ce volet de notre travail, c’est le fait que les experts du CELV préparent l’atelier ensemble avec des experts nationaux dans le même domaine ; il s&rsquo;agit d&rsquo;une approche ascendante, qui commence par une analyse détaillée du contexte local/national.  Le CELV n’impose pas ses ressources ; c’est plutôt une question d’adaptation ou de contextualisation.</p>
<p>En plus, nous faisons un très grand effort pour faire connaitre nos ressources en utilisant tous les moyens possibles : notre bulletin  d&rsquo;information électronique, <a href="https://www.ecml.at/News/Newsletter/tabid/1385/language/fr-FR/Default.aspx">La Gazette européenne des langues</a>  avec plus de 8500 abonnés ; des envois réguliers de courriel à nos vastes réseaux, surtout au moment du lancement d’une nouvelle ressource ; des webinaires réguliers ; des dépliants et des vidéos promotionnels ; des ateliers pour nos points de contact (chaque pays membre a un Point de contact pour la diffusion) où on partage des idées créatives pour la dissémination au niveau national. Et bien sûr, nous faisons tout le possible pour répondre aux demandes de présentations/d’articles/d’interviews comme celle-ci, pour renforcer notre portée.  Nous comprenons que la traduction joue un rôle important ; comme CELV, nous n’avons pas les moyens pour traduire toutes les ressources dans les langues de nos pays membres et de toute façon, maintenant avec des ressources en ligne qui sont dynamiques (on ne parle plus d’une publication), cela est devenu plus complexe, mais on suggère des éléments clés de chaque site web de projet à traduire. Puis nous formatons et publions toute traduction.</p>
<p>L’évaluation du dernier programme montre que tous ces efforts ont un effet positif avec des exemples de mise en œuvre de nos ressources dans les réformes de programmes, dans les Inspé, etc., mais nous ne pouvons pas nous permettre de nous reposer sur nos lauriers.</p>
<p>Daniel Coste &#8211; <em>L’ADEB est passée, dans son titre, de « bilingue » à « bi/plurilingue ». Est-ce que cela fait sens pour le CELV ? L’enseignement bilingue y a-t-il une place particulière dans les projets ?</em></p>
<p>Sarah Breslin &#8211; Tout à fait. Le bilinguisme fait partie de l’éducation plurilingue et interculturelle comme exemple d’une approche avec des défis spécifiques. Comme j’ai dit auparavant, les thèmes des projets ainsi que notre offre de formation et conseil se basent sur les priorités nationales qui changent ; dans le programme actuel il n’y pas de projet focalisé spécifiquement sur le bilinguisme mais cela pourrait bien changer pour le prochain programme.  En ce qui concerne les approches méthodologiques dans le programme actuel, les pays membres ont élu un projet sur <a href="http://www.ecml.at/CLILLOTEtransitions">l’EMILE dans des langues autres que l’anglais</a>, un thème important dans nos efforts de promouvoir le plurilinguisme.</p>
<p>Daniel Coste &#8211; <em>Que peut-on dire des pratiques linguistiques et des usages plurilingues dans le fonctionnement du CELV, tant pour son administration que pour les équipes des projets ?</em></p>
<p>Sarah Breslin &#8211; En plus de ce que j&rsquo;ai déjà dit sur la traduction de nos ressources, nous respectons toujours dans tous les aspects de notre travail les deux langues officielles du Conseil de l’Europe ; en outre, nous utilisons aussi beaucoup l’allemand – c’est une question de respect pour notre pays hôte. Chaque activité (projet ou F&amp;C) est automatiquement réalisée en deux langues ; des fois en trois ; dans le programme actuel il y a plusieurs projets où les experts ont développé des enquêtes dans plusieurs langues – voir, par exemple, les deux volets de l’enquête actuelle du projet <a href="http://www.ecml.at/homelanguagecompetences"><em>Ressources pour l&rsquo;évaluation des compétences en langues familiales des élèves migrants</em></a> - un volet est disponible en allemand, anglais, arabe, français, italien, persan (dari/farsi), portugais et turc , et l’autre en allemand, anglais, français, hongrois, italien et portugais.</p>
<p>(1) Research participant 6, focused group conversation, December 2018,  in Breslin, S. (2020) <em>Learning beyond boundaries: voices from the European Centre for Modern Languages. </em>EdD thesis. University of Sheffield, 127-128. Available from: <a href="http://etheses.whiterose.ac.uk/26330/">http://etheses.whiterose.ac.uk/26330/</a> <!--EndFragment--></p>
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		<title>Conférence en ligne de Luci Nussbaum sur le translanguaging</title>
		<link>http://www.adeb-asso.org/conference-en-ligne-de-luci-nussbaum-sur-le-translanguaging/</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Nov 2021 18:33:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[plurilinguisme]]></category>
		<category><![CDATA[translanguaging]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#171;&#160;Samedi du CIEBP&#160;&#187; en ligne ce samedi 13/11/2021 à 10h15 Le Centre International pour l&#8217;Enseignement Bi-/Plurilingue et la revue Éducation et sociétés plurilingues proposent une conférence de Luci NUSSBAUM, professeure à l&#8217;Universitat Autonoma de Barcelona sur la thématique suivante : Deux concepts voisins, plurilinguisme et translanguaging : un dialogue entre les deux est-il possible ? Résumé de Luci Nussbaum [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>&laquo;&nbsp;Samedi du CIEBP&nbsp;&raquo; en ligne ce samedi 13/11/2021 à 10h15</strong></p>
<p>Le Centre International pour l&rsquo;Enseignement Bi-/Plurilingue et la revue Éducation et sociétés plurilingues proposent une conférence de <strong>Luci NUSSBAUM</strong>, professeure à l&rsquo;Universitat Autonoma de Barcelona sur la thématique suivante :<!--StartFragment--></p>
<p>Deux concepts voisins, plurilinguisme et<em> translanguaging</em> : un dialogue entre les deux est-il possible ?<!--EndFragment--></p>
<p><!--StartFragment--></p>
<p><strong>Résumé de Luci Nussbaum</strong></p>
<p>Dans cet exposé, je vais mettre face à face deux concepts qui sembleraient porter des regards différents sur l’éducation en plusieurs langues. Pour commencer, je parlerai des origines de ces concepts. Ensuite je vais m’arrêter sur des positions critiques soulevées par l’un et l’autre, qui montrent des écarts notables quant à la conception du langage et des langues. J’indiquerai après certaines questions posées par la manière d’analyser les données des interactions en classe selon l’approche choisie. Enfin, j’énoncerai certaines des raisons du succès à travers le monde du terme <em>translanguaging, </em>qui apparaît par exemple dans le volume complémentaire du Cadre européen des langues en 2018</p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Invitation sur ZOOM</strong></p>
<p>Sujet : Samedi du CIEBP &#8211; L. Nussbaum<br />
Heure : 13 nov. 2021 10:15 Paris<br />
Participer à la réunion Zoom: Cliquer <a href="https://us02web.zoom.us/j/84736399576?pwd=ZUpZZ3NDL1Jrb1JRVk9WdUo5YW9vZz09" target="_blank">ici </a><br />
I<strong>D de réunion </strong><strong>: 847 3639 9576<br />
Code secret : 731077</strong></p>
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		<title>ASSOCIATION DULALA &#8211; UNIVERSITE&#8217; D&#8217;ETE</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Jul 2021 11:03:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[DULALA]]></category>
		<category><![CDATA[formation]]></category>
		<category><![CDATA[plurilinguisme]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Du 6 au 9 juillet 2021, l&#8217;université d&#8217;été Dulala portera sur le thème : &#171;&#160;Grandir dans plusieurs langues : vers un plurilinguisme harmonieux&#160;&#187;. Elle est accessible à toutes et à tous, et s&#8217;adresse en particulier aux professionnel.le.s de l&#8217;éducation, du livre, du champ social et de la petite enfance. Les bénévoles, étudiant.e.s, curieuses et curieux sont aussi les [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Du 6 au 9 juillet 2021, l&rsquo;université d&rsquo;été Dulala portera sur le thème : &laquo;&nbsp;Grandir dans plusieurs langues : vers un plurilinguisme harmonieux&nbsp;&raquo;. Elle est accessible à toutes et à tous, et s&rsquo;adresse en particulier aux professionnel.le.s de l&rsquo;éducation, du livre, du champ social et de la petite enfance. Les bénévoles, étudiant.e.s, curieuses et curieux sont aussi les bienvenu.e.s !</p>
<p>Voici <a href="https://www.youtube.com/watch?v=MPOycVtsZU0">le témoignage d&rsquo;une participante</a>.</p>
<p>Les conférences alterneront avec des temps d&rsquo;atelier où chacun pourra concevoir son projet plurilingue.</p>
<p>Deux options sont possibles : le présentiel (à Montreuil, dans les locaux de l&rsquo;association), ou le distanciel.</p>
<p><a href="https://www.dulala.fr/produit/universite-ete21/">Pour découvrir le programme et vous inscrire, c&rsquo;est ici.</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>PLURILINGUISME ET APPRENANTS ALLOPHONES (migrants, roms, gitans &#8230; mais pas seulement)</title>
		<link>http://www.adeb-asso.org/plurilinguisme-et-apprenants-allophones-migrants-roms-gitans-mais-pas-seulement/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Apr 2021 15:04:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marisa Cavalli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Autres]]></category>
		<category><![CDATA[élèves allophones]]></category>
		<category><![CDATA[élèves allophones nouvellement arrivés]]></category>
		<category><![CDATA[enfants issus de familles itinérantes]]></category>
		<category><![CDATA[gitans]]></category>
		<category><![CDATA[plurilinguisme]]></category>
		<category><![CDATA[Roms]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Projets menés et en cours de réalisation par Nathalie AUGER Nathalie AUGER , Professeur en Sciences du Langage &#8211; Linguistique et Didactique &#8211; Unité de Recherche L H U M A I N &#8211; Langages, HUmanités, Média-tions, Apprentissages, Interactions, Numérique et  Directrice du Master de Didactique du Français langue étrangère et seconde, nous propose un [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Projets menés et en cours de réalisation</h2>
<p><strong>par Nathalie AUGER</strong></p>
<p><em>Nathalie AUGER , Professeur en Sciences du Langage &#8211; Linguistique et Didactique &#8211; Unité de Recherche <a href="https://lhumain.www.univ-montp3.fr" target="_blank">L H U M A I N</a> &#8211; Langages, HUmanités, Média-tions, Apprentissages, Interactions, Numérique et  Directrice du Master de Didactique du Français langue étrangère et seconde, nous propose un vaste panorama des recherches et des projets qu&rsquo;elle mène et qu&rsquo;elle a menés à l&rsquo;Université Paul Valéry &#8211; Montpellier 3 autour du plurilinguisme des enfants allophones. Elle vous convie à prendre activement part aux projets en cours. Qu&rsquo;elle soit ici remerciée pour son travail et pour cette belle contribution.</em></p>
<p>L’ADEB est un lieu formidable pour pouvoir évoquer les questions de plurilinguisme et d’interculturel qui me tiennent ta<img class="alignright  wp-image-2101" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE1.jpg" alt="IMAGE1" width="387" height="273" />nt à cœur.</p>
<p>Le multilinguisme fait référence à notre réalité :nous sommes entourés de langues diverses, nous vivons des expériences multiples qui fondent notre pluralité et c’est dans ce cadre que je travaille avec bonheur depuis plus de 20 ans maintenant.</p>
<p>Dans notre dernier ouvrage chez Cambridge University Press<sup><sup>[1]</sup></sup>, j’ai d’ailleurs pu raconter ma scolarité dans une classe d’élémentaire à Paris dans les années 1980 où tant de langues ont été tues (tuées ?) dans l’école de la République et combien cela m’a profondément marquée et incitée à travailler à la re-con-naissance des langues, et plus simplement, certainement, de l’autre. Par envie, par désir, et par curiosité aussi, tout en visant, avec un petit pincement au cœur, à participer (avec tant d’autres) à rétablir la balance sur l’échiquier de cette reconnaissance.</p>
<p>Je suis donc très heureuse que les membres de l’ADEB me donnent la possibilité d’évoquer les projets que je mène actuellement, pour montrer que la recherche est toujours en cours, qu’elle se co-construit avec les enseignants, les élèves, leurs parents, les formateurs et les décideurs… avec l’autre en tout cas. Pour vous donner envie d’en savoir davantage, pour vous inspirer je l’espère, pour vous donner envie de participer à ces projets si le cœur vous en dit.</p>
<p>Mais peut-être, pour ceux qui ne connaissent pas mon travail, afin de comprendre quelle est ma vision générale de la question de l’apprentissage des langues, en particulier du français en contexte scolaire, notamment auprès d’enfants allophones (migrants, roms, gitans) … mais pas seulement, je vous propose à la lecture <a href="https://www.schooleducationgateway.eu/fr/pub/latest/news/translanguaging-improvedresult.htm" target="_blank">ce court texte de quelques lignes accompagnés d’une vidéo</a> qui peut immédiatement vous plonger dans la raison d’être de mes recherches</p>
<p>Je vous présente maintenant trois projets internationaux en cours que je porte pour la France et auquel vous pouvez bien entendu participer en me contactant.</p>
<h3><strong>2020-2023 : <a href="https://www.binogi.com/" target="_blank">BINOGI</a>/ ESCAPE &#8211; Avec le Canada (CRSH)</strong></h3>
<p><strong>Binogi est un outil éducatif innovant qui utilise du matériel vidéo multilingue pour aider les élèves qui apprennent les sciences.</strong></p>
<p>Vous pouvez visionner<a href="https://app.binogipilot.ca/" target="_blank"> un exemple de leçon sur le site Binogi</a>  au Canada.</p>
<p>Cette plateforme en ligne offre aux élèves (du primaire au lycée) d’atteindre trois objectifs en parallèle:</p>
<ol>
<li>améliorer leur niveau en sciences grâce aux leçons de ce programme d’apprentissage,</li>
<li>optimiser la différenciation pédagogique,</li>
<li>stimuler l’engagement général des élèves envers les sciences par les vidéos qui ont trait à des notions abordées en cours.</li>
</ol>
<p>De plus, <strong>tous les élèves peuvent utiliser Binogi</strong>, quelles que soient leurs ressources culturelles ou linguistiques (des élèves francophones peuvent être intéressés par le fait de visionner des vidéos dans des langues enseignées au collège comme en anglais ou en espagnol par exemple).</p>
<p>En collaboration avec des chercheurs de différentes universités au Canada et en France, nous étudierons les éléments de mise en œuvre et l&rsquo;impact perçu de Binogi pendant la <strong>période d&rsquo;étude, de janvier 2021 à l&rsquo;été 2022.</strong></p>
<p>L&rsquo;utilisation de la plateforme en ligne et le nombre d&rsquo;heures passées à l&rsquo;utiliser dépendront de votre propre mise en application de Binogi. La recherche en elle-même ne s’ajoutera pas à ces heures, mis à part votre participation à des entretiens et à des questionnaires. <strong>Si vous êtes intéressés et / ou souhaitez en savoir plus, vous pouvez nous contacter aux adresses mails ci-dessous.</strong></p>
<p><a href="mailto:nathalie.auger@univ-montp3.fr">nathalie.auger@univ-montp3.fr<br />
</a><a href="mailto:jérémi.sauvage@univ-montp3.fr">jérémi.sauvage@univ-montp3.fr<br />
</a><a href="https://lhumain.www.univ-montp3.fr/" target="_blank">Unité de Recherche LHUMAIN</a></p>
<p>Dans le cadre du <strong>projet Binogi</strong>, nous <strong>cherchons en particulier, mais sans être exclusifs, des enseignants (SVT, Physique-Chimie et Technologie) de 5e et de 4e (mais nous pouvons ouvrir aux 6e et 3<sup>e</sup> et même au lycée dont lycée professionnel)</strong> pour tester gratuitement des ressources en ligne de janvier à juin 2022, très utiles en situation de crise sanitaire.</p>
<p><strong>2019-2022 : LISTIAC (Linguistically Sensitive Teachers in All Classrooms) / Des enseignements sensibles aux langues<img class="alignright  wp-image-2103" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE3.png" alt="IMAGE3" width="258" height="360" /> dans toutes les classes) &#8211; KA3 Erasmus +, Commission européenne</strong></p>
<p>Dans les états membres de l&rsquo;UE, c’est en moyenne un jeune de 15 ans sur dix qui parle une autre langue, que celle de la langue de scolarisation, à la maison, enquête PISA (2015), mais beaucoup plus dans les grandes villes. Ces langues, qu’elles soient régionales ou étrangères ou des normes différentes du français de scolarisation constituent une ressource pour apprendre et enseigner à l&rsquo;école. Pour aider les élèves à devenir des utilisateurs compétents de la langue de scolarisation, dans toutes les matières, les démarches plurilingues et plurinormes concernent tous les enseignants.</p>
<p>A<strong>ctivités proposées en classe ? </strong></p>
<ul>
<li>Activités ponctuelles en classe</li>
<li>Rituels; activités réflexives sur les langues (phonétique, lexique, grammaire),&#8230;</li>
<li>Projets de classe</li>
<li>Biographies langagières, élaboration de glossaires, …</li>
<li>Projets d’école</li>
<li>Plusieurs classes autour d’un projet (visite plurilingue du musée, découverte plurilingue du quartier), etc…</li>
</ul>
<p><img class="wp-image-2102 alignleft" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE2-1024x726.png" alt="IMAGE2" width="230" height="163" /></p>
<p><strong>Si vous êtes intéressés et / ou souhaitez en savoir plus, vous pouvez nous contacter aux adresses mails ci-dessous.</strong></p>
<p><a href="mailto:nathalie.auger@univ-montp3.fr">nathalie.auger@univ-montp3.fr</a><br />
nathalie.pepiot@univ-mon<br />
jéré<a href="mailto:mi.sauvage@univ-montp3.fr">mi.sauvage@univ-montp3.fr</a></p>
<p><a href="https://lhumain.www.univ-montp3.fr/" target="_blank">Unité de Recherche LHUMAIN</a></p>
<p>Dans le cadre du <strong><img class=" wp-image-2104 alignleft" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE4-1024x767.png" alt="IMAGE4" width="279" height="209" />projet</strong>, nous <strong>cherchons en particulier, mais sans être exclusifs, des enseignants de la maternelle au lycée (dont lycée professionnel)</strong> pour mettre en œuvre des activités LISTIAC de janvier 2021 à juin 2022. Photos, films, descriptions des activités et projets LISTIAC, à retrouver sur <a href="https://listiac.univ-montp3.fr" target="_blank">notre site </a>(en construction).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3></h3>
<h3><strong>2017-2021: SIRIUS 2.0 – Policy Network on Migrant Education </strong></h3>
<p>SIRIUS &#8211; le réseau politique européen sur l&rsquo;éducation des migrants &#8211; a été lancé par la Commission européenne en 2012. Le réseau facilite l&rsquo;élaboration de politiques inclusives en échangeant des connaissances et des expériences entre chercheurs, praticiens, jeunes et communautés d&rsquo;immigrants et décideurs politiques pour l&rsquo;élaboration de stratégies communes sur l&rsquo;éducation des migrants. Le réseau actuel est composé de 38 membres dans 21 pays européens.</p>
<p>Le réseau Montpellier-France de SIRIUS se propose de travailler le lien entre recherches universitaires, terrains associatifs, scol<img class="alignright  wp-image-2105" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE5.png" alt="IMAGE5" width="341" height="326" />aires et décideurs politiques, au niveau local et national.</p>
<p>L’objectif à terme est d’œuvrer à la création /diffusion d&rsquo;outils/démarches pédagogiques et politiques prenant appui sur les ressources culturelles et plurilingues des contextes des différents acteurs du réseau.</p>
<p>Le réseau SIRIUS Montpellier-France vise donc à tisser des relations pérennes entre éducation formelle, informelle et non formelle, ce qui implique de réfléchir à l’aménagement d’un territoire apprenant ouvert aux jeunes migrants et à leurs parents, tout d’abord au niveau d’un quartier (Figuerolles) puis d’une ville Montpellier-Métropole) afin que ce modèle soit transférable sur d’autres territoires (Sète en préparation).</p>
<p>Pour ce faire nous travaillons à la mise en place de :</p>
<p><strong>1.</strong> <strong>Une plateforme de ressources<br />
</strong>     a) pour tisser le lien entre structures d’éducation formelle, informelle, non formelle (les membres, nos   actions)<br />
b) un calendrier partagé présentant les actions (interculturelles, plurilingues, artistiques etc.), les parcours possibles<br />
<strong>2. Mise en œuvre d’actions inclusives (dans la cité, entre institutions, avec les familles etc.)<br />
3. Formations pluricatégorielles<br />
</strong>     a) Professionnalisation des acteurs autour de projets (apports d’experts régionaux, nationaux et internationaux), de formations regroupant divers acteurs sociaux<br />
b) Table ronde nationale annuelle Sirius</p>
<p><strong>Si vous êtes intéressés et / ou souhaitez en savoir plus, vous pouvez nous contacter aux adresses mails ci-dessous.</strong></p>
<p>nathalie.auger@univ-montp3.fr<br />
jéré<a href="https://lhumain.www.univ-montp3.fr/" target="_blank">mi.sauvage@univ-montp3.fr<br />
Unité de Recherche LHUMAIN</a> (<a href="https://lhumain.www.univ-montp3.fr/">https://lhumain.www.univ-montp3.fr/</a>).</p>
<p>Dans le cadre du <strong>projet</strong>, nous <strong>cherchons en particulier, mais sans être exclusifs, des enseignants de la maternelle au lycée (dont lycée professionnel) et des associations</strong> pour mettre en œuvre des activités SIRIUS sur le modèle que nous avons développé à Montpellier de janvier 2021 à décembre 2021. Photos, descriptions des activités et projets SIRIUS, à retrouver sur<a href="https://sirius.univ-montp3.fr/" target="_blank"> notre site</a> (en construction).</p>
<h3></h3>
<h2>Et enfin quelques mots sur les projets terminés</h2>
<h3><strong>2016-2019 : FLS France-Canada </strong>: Conseil de Recherche en Sciences Humaines (CRSH Social Sciences and Humanities Research Council), <em>Développement de partenariat </em>- <em>Savoir </em><strong>Didactique interculturelle, littérature de jeunesse, élèves allophones en France et au Canada. </strong><em>« Pour une didactique interculturelle renouvelée du français langue seconde et vers une meilleure réussite scolaire des élèves allophones : une comparai<img class="alignright  wp-image-2106" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE6.png" alt="IMAGE6" width="379" height="283" />son intersite France-Canada ».</em></h3>
<p>Ce projet vise à comparer les pratiques d’enseignants œuvrant en milieux plurilingues et multiethniques au Canada (Ottawa) et en France (Montpellier), en contextes majoritaire (France) et minoritaire (Canada). Cette étude a pour but de recenser les points de convergence et de divergence au cœur des pratiques langagières pour proposer, dans une perspective interculturelle, une didactique du français langue seconde en cohérence avec les besoins grandissant des populations allophones.</p>
<p>Co-porteurs : Nathalie Auger, Professeur, UPVM, France et Carole Fleuret, Professeur, Université d’Ottawa.</p>
<p>Pour en savoir plus :</p>
<p>AUGER, N. FLEURET, C. 2021 (soumis et accepté). “Where is diversity in classrooms welcoming newcomers ?”, Language awareness Journal, London: UK, Taylor and Francis.</p>
<p>FLEURET, C., AUGER, N. (2019), &laquo;&nbsp;Translanguaging, recours aux langues et aux cultures de la classe autour de la littérature de jeunesse pour des publics allophones d’Ottawa (Canada) et de Montpellier (France) : opportunités et défis pour la classe&nbsp;&raquo;, <em>OLBI Working Papers</em>, Ottawa University Press, vol. 10, pp. 107-136. September 2018, <a href="https://www.researchgate.net/journal/OLBI-Working-Papers-1923-2489">OLBI Working Papers</a> DOI: <a href="https://www.researchgate.net/deref/http%3A%2F%2Fdx.doi.org%2F10.18192%2Folbiwp.v10i0.3789">10.18192/olbiwp.v10i0.3789</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>2014-2016 ROMtels &#8211; </strong>Erasmus+ Programme – Multi beneficiary grant agreement – KA2 Strategic Partneships, SE-2014-2016. <strong><em>Roma Translanguaging Enquiry Learning Space (évaluation Commission européenne)</em></strong>; University of Newcastle: Pr. H. Smith, University of Helsinki: Pr. F. Dervin, UPVM: Pr. N. Auger, People2pepole Foundation Romania (Oradea): <a href="https://research.ncl.ac.uk/romtels/" target="_blank">N. Gal Site</a>, Nathalie Auger, porteur du projet pour la France.</h3>
<p>ROMtels améliore à la fois la façon dont les enfants apprennent et leur sentiment d&rsquo;appartenance. ROMtels utilise la technologie pour soutenir l&rsquo;apprentissage multilingue basé sur l&rsquo;enquête pour des groupes d&rsquo;enfants. Les enfants sont encouragés à parler dans leur (s) langue (s) à la maison et de l&rsquo;anglais/français pour soutenir leur apprentissage.</p>
<p><a href="https://research.ncl.ac.uk/romtels/resources/guidancehandbooks/" target="_blank">Trois livrets </a>à destination des enseignants, des formateurs et des écoles sont disponibles en français, anglais, espagnol et finnois</p>
<p>Lire <a href="https://journals.openedition.org/rdlc/3321" target="_blank">notre article en ligne</a></p>
<p>AUGER N, AZAOUI B., C. HOUEE, F. MIQUEL, (2018) « Le projet européen Romtels (Roma translanguaging enquiry learning spaces). Un questionnement sur la médiation à de multiples niveaux : (inter)culturelle, identitaire, linguistique et numérique », Revue de l’ACEDLE, en ligne.</p>
<p><strong>Voir<a href="https://nuvision.ncl.ac.uk/Play/17830" target="_blank"> le film </a></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<h3><strong>2012-2015 <a href="http://maledive.ecml.at%20" target="_blank">Teaching the language of schooling in the context of diversity</a>, </strong>Study materials for teacher development / <em>Enseigner la langue de scolarisation en contexte de diversité</em> (Evaluation, expertise Conseil de l’Europe)<strong>.<br />
</strong></h3>
<p><strong>Plateforme d’auto-formation pour les enseignants travaillant en contexte de diversité. </strong><a href="%20https://maledive.ecml.at/Home/tabid/3598/language/fr-FR/Default.aspx" target="_blank">Etude organisée au sein du programme 2012-2015 « Apprendre par les langues » du Centre européen pour les langues vivantes du Conseil de l’Europe</a>. N. Auger (porteur pour la France)</p>
<p>Pour en savoir plus : AUGER, N., 2018, « Le MOOC MALEDIVE : un site d’auto-formation po<img class="alignright  wp-image-2107" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE7-1024x206.png" alt="IMAGE7" width="483" height="77" />ur les enseignants de langue et de culture qui accueillent des élèves migrants dans leur classe », in Christos Nikou (dir.),<a href="%20https://www.academia.edu/44827227/Favoriser_l_int%C3%A9gration_scolaire_l_apport_de_la_classe_de_langue_culture_ContACTES_13e_grand_s%C3%A9minaire_annuel_de_rentr%C3%A9e" target="_blank"> « Favoriser l’intégration scolaire : l’apport de la classe de langue-culture »</a>, ContACTES (ISSN : 2459-2986), Athènes : Association des Professeurs de Français f.u.-Grèce, p. 61-69.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>2013-2015 <strong>« </strong><strong><em>Oralité, langues et imaginaire » chez les populations gitanes de P<img class="alignright wp-image-2108" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE8.jpg" alt="IMAGE8" width="332" height="221" />erpignan &#8211; Création d’une ressource numérique liée au projet ci-dessus : <a href="https://www.ortolang.fr/market/corpora/prax000931" target="_blank">GYPSYLANG </a>(ortolang).</em></strong></h2>
<p>Pour en savoir plus :</p>
<p><strong> Un ouvrage</strong></p>
<p>AUGER N. dir. (sous presse, parution 2021), <em>Enfants gitans à l’école et en famille. D’une analyse des dynamiques langagières en famille aux pratiques de classe. </em>Lyon. Edition de l’Ecole Normale Supérieure, coll. Education et savoirs en société.</p>
<p>Cet ouvrage a pour ambition de répondre à une question vive de notre société : comment aider les enfants des communités gitanes à réussir scolairement ?</p>
<p>Le pu<img class=" wp-image-2109 alignleft" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE9.png" alt="IMAGE9" width="177" height="222" />blic gitan est depuis longtemps montré du doigt comme étant un public à la marge, difficile à scolariser car souvent absent, évoluant dans un environnement plurilingue (une langue à la maison différente de celle de l’école) et particulièrement paupérisé.</p>
<p>L’enjeu d’un travail sur et avec ces enfants qui sont aussi des élèves, au-delà des bénéfices possibles pour leur réussite scolaire, est de mettre en lumière les approches linguistiques et didactiques qui permettraient à l’Ecole d’inclure tous les enfants, quelles que soient leurs spécificités, réelles ou imaginées, afin d’enseigner de façon plus efficace à tous les publics, y compris à ceux qui n’ont, <em>a priori</em>, pas de « problème » scolaire.</p>
<p>Cet ouvrage, à destination des chercheurs et des étudiants en sciences du langage, en didactique, en éducation et dans les disciplines connexes (sociologie, anthropologie, etc.), se veut également accessible aux enseignants (en formation initiale ou continue) indépendamment de leur matière d’enseignement, ainsi qu’aux familles et au grand public qui cherchent des réponses à la problématique posée.</p>
<p>Du point de vue de la stricte recherche, l’originalité du projet est de prendre appui sur la (socio)linguistique, l’acquisition et la didactique, domaines ancrés en sciences du langage. Notre objectif est d’aborder le phénomène de la difficulté scolaire par le biais des langues (familiales, scolaires) et de leur acquisition tout en incluant les dimensions sociales et les implications didactiques que cette réflexion engendre.</p>
<p><strong> Un article</strong></p>
<p>AUGER, N., DUFOUR, S. (2017) : « Dialogisme et spécificité du discours enseignant face à la scolarisation des enfants gitans », AUGER, N., DUFOUR, S., PARPETTE, C. (dir) (2017) : Dialogisme et discours en situations didactique », <em>Recherches en didactique des langues et des cultures </em>[En ligne], 14-2 | 2017, mis en ligne le 15 juin 2017, consulté le 02 mars 2021. DOI : https://doi.org/10.4000/rdlc.1916</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>2004 : projet <strong><em>Comparons nos langues</em></strong></h2>
<p>(Distinction de la Commission européenne pour l’innovation en matière d’apprentissage des langues, présidée par H. Walter)</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=3PI0PBWUe94" target="_blank">première vidéo<br />
</a><a href="https://www.youtube.com/watch?v=tP2D6qQIABw&amp;feature=emb_title" target="_blank">deuxième vidéo</a></p>
<p>(sous titrage en anglais)</p>
<p>Cette démarche propose de s&rsquo;appuyer sur <img class="alignleft  wp-image-2110" src="http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2021/04/IMAGE-10-1024x751.png" alt="IMAGE 10" width="341" height="250" />les langues connues des enfants pour aller vers le français puisque tout apprentissage des langues repose, consciemment ou non, sur une comparaison entre le ou les systèmes langagiers pré-existants et la langue à apprendre. Cette situation de contact de langues (donc interculturelle au sens large qui comprend langue mais aussi culture) devient alors un atout pour l&rsquo;enseignement-apprentissage du français, et il convient naturellement de l&rsquo;utiliser comme une ressource. La comparaison des différentes langues dans la classe ne sert pas à hiérarchiser les idiomes mais bien à en montrer les universaux singuliers (par exemple toutes les langues ont une syntaxe, comme la façon de marquer la négation, mais chacune le fait différemment). Cette démarche motive l&rsquo;élève qui se sent reconnu dans ce qu&rsquo;il est, ce qu&rsquo;il connaît déjà, sans pour autant devenir un prototype de sa langue et de sa culture. Le français s&rsquo;apprend donc selon une démarche cognitive de co-construction bien visible à la fois pour les élèves et l&rsquo;enseignant. Chacun arrive ainsi à comprendre pourquoi certaines erreurs émergent (procédés d&rsquo;analogie avec les systèmes maternels par exemple), s&rsquo;effectue alors une prise de conscience pour relativiser ces erreurs et les dépasser sans en garder les stigmates. Dans cette démarche interculturelle, chacun est expert de sa langue (l&rsquo;enseignant comme l&rsquo;élève), chacun découvre le système de l&rsquo;autre (l&rsquo;enseignant aussi, sans connaître les langues des élèves, il en comprend des fonctionnements) dans une relation d&rsquo;empathie, face à l&rsquo;autre.</p>
<p><strong>Le fil rouge de l’ensemble de ces projets est l’utilisation des langues et expériences vécues comme une ressource pour les apprentissages à la fois des idiomes (et en particulier du français) et des disciplines, qui sont également des leviers de premiers ordres pour la motivation, pour la bienveillance linguistique, la construction de la communauté d’apprentissage qu’est la classe et plus largement l’établissement, incluant les parents et les associations des villes dans lesquelles nous travaillons. C’est dans cet esprit que nous pourrons œuvrer ensemble dans l’avenir, je l’espère. N’hésitez pas à nous contacter. </strong></p>
<p>Un <a href="https://www.quoideneuf.ca/" target="_blank">podcast audio,</a> pour continuer de vive voix</p>
<p>[1] PRASAD, G., AUGER, N., LE PICHON E. dirs. (sous presse1), <em>Multilingualism and Education: Researchers’ Pathways and Perspectives. </em>Cambridge University Press, 152 pages.</p>
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